
La récolte désastreuse de 2016 va impacter lourdement la trésorerie des agriculteurs. Beaucoup devront piocher dans leurs économies (livret A, épargnes de précaution, etc.) pour compenser le manque à gagner. Mais la plupart devront recourir à d’autres solutions pour pallier la dégradation de leur situation financière.
Souscrire un crédit à court terme
Pour les fermes les plus solides, l’effet de la crise sera passager. Des réserves de liquidités insuffisantes peuvent alors être couvertes par un prêt pour entreprise à court terme en profitant de taux d’intérêt encore très attractifs.
Parmi d’autres établissements, le Crédit Mutuel Nord Europe est disposé à octroyer 30 millions d’euros en emprunt, à des taux variant de 0,5 % à 1,10 % suivant leur terme. Il s’adresse aux exploitations n’ayant qu’un besoin ponctuel.
Les autres peuvent solliciter par exemple le « plan de soutien 2016 » du Crédit Agricole Nord de France, qui accorde des prêts pros à 1,10 % afin de relancer la trésorerie des exploitations après cette campagne catastrophique. Il est néanmoins essentiel de plafonner le montant des annuités, car elles vont augmenter dès 2017.
Négocier des délais de paiement
Un report de l’exigibilité des factures fournisseurs accorde à l’agriculteur un peu de répit pour rééquilibrer son budget. Toutefois, cette option a souvent un coût non négligeable, qu'il faut comparer avec celui de la banque, par exemple pour relever le plafond de découvert autorisé, ou pour différer une annuité grâce au fond d’allégement des charges (FAC).
Dans le cadre de ce plan national, l’État absorbe jusqu’à 50 % du coût de la restructuration des prêts ou celui de l’année blanche. Celle-ci a l’avantage de reporter une annuité en bas de tableau.
Changer d’assiette fiscale
Considérant la perte de revenus, le chef d’exploitation peut solliciter une réduction d’impôts ou de charges sociales. À la MSA, il est possible de basculer de l’assiette de cotisation triennale vers l’assiette annuelle.
Certains agriculteurs peuvent demander une aide sociale (primes d’activité, RSA). Quelle que soit l’option choisie, il est essentiel de mesurer le potentiel de progression technique et économique de la ferme.
Se faire accompagner
« Rebondir », « Cap’agri », « Solidarité paysans », etc., plusieurs entités offrent aux fermes en difficulté et un accompagnement technico-économique personnalisé. Il peut prendre la forme de formations, d’un audit, de conseils pour l’orienter vers une aide sociale adaptée, etc.
Faire appel à des fonds extérieurs
Lorsque les chiffres sont vraiment mauvais, pour renflouer leur trésorerie, certains agriculteurs doivent trouver des sources de revenus alternatives : travailler temporairement à l’extérieur ou vendre des équipements ou des actifs fonciers, voire des biens personnels.
Anticiper les prochaines années
Les risques climatiques et économiques ne pouvant jamais être exclus, cette moisson 2016 doit pousser les exploitants à revoir leur gestion et leurs habitudes pour être mieux armés.
L’investissement, le suréquipement et la fluctuation des prix requièrent une surveillance continue par le chef d’exploitation, qui doit par ailleurs maîtriser ses coûts de production et de revient, et par extension, ses résultats. Enfin, se constituer une épargne de précaution reste primordial.