Billets euros dans un portefeuille

Pour sortir de la précarité et de l’exclusion sociale, l’Adie donne une nouvelle chance à des jeunes ou des seniors en leur accordant un micro-crédit qui va leur permettre de créer une activité rémunératrice. Pionnière du droit à l’initiative économique, l’association finance et accompagne des créateurs d’entreprises exclus du secteur bancaire traditionnel.

Le droit à l’initiative économique

Fondée en 1989, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a pris comme modèle la banque créée par le Prix Nobel de la Paix 2006, Muhammad Yunus, au Bangladesh. L’association finance et accompagne des personnes exclues du système bancaire classique en leur offrant une chance de reprendre l’initiative sur leur vie.

De tous âges et de toutes origines sociales, les bénéficiaires de ces micro-crédits n’ont pas vraiment le profil pour obtenir un prêt bancaire pour lancer leur entreprise : 45 % vivent en dessous du seuil de la pauvreté, environ 40 % dépendent des aides sociales, à leur niveau le plus bas, et 30 % n’ont pas de diplôme.

Pour Frédéric Lavenir, président de l’Adie, redonner une chance à ces exclus du système leur permet de reprendre confiance en eux et les aide à se réinsérer dans le tissu social. Et cela marche.

La dernière enquête de décembre 2016 auprès de plus de 2 000 bénéficiaires d’un micro-crédit de l’Adie, entre 2013 et 2015, montre qu’environ 63 % des activités créées se poursuivaient après trois ans d’existence, soit quasiment la moyenne nationale des créations d’entreprises individuelles.

La passion comme motivation

L’Adie ne se limite pas à un seul secteur d’activité. 38 % des personnes aidées se sont lancées dans le commerce, 25 % dans les services et 9 % dans l’hôtellerie-restauration.

Le parcours d’Apolline Colle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Cette habitante du Territoire de Belfort de 22 ans croyait pouvoir trouver un emploi avec sa formation d’artisan boulanger. Mais, exclue de ce « métier d’hommes », elle a dû enchaîner des contrats précaires pendant plusieurs années, comme caissière, secrétaire ou femme de ménage.

Poussée par son entourage, elle se décide début 2014 à monter « La cuisine d’Apolline » et produit des petits fours pour les cocktails d’entreprises. Grâce à un micro-crédit de 4 000 € accordé par l’Adie, elle achète un véhicule pour faire ses livraisons. Après trois ans d’activité, Apolline se fixe comme objectif de dégager un bénéfice équivalent au SMIC chaque mois et rêve déjà de monter un restaurant-cabaret pour s’épanouir dans ses deux passions : la cuisine et la danse.