Gestion des prix en entreprise

Les coûts d’acquisition des PME sont en forte hausse en Europe. Un nouveau record a même été enregistré au second trimestre de cette année, à en croire l’indice Argos. Plusieurs paramètres peuvent avoir conduit à cette envolée de prix, si l’on ne cite que la politique des taux bas appliquée dans la zone euro.

L’indice Argos a été communiqué le mois dernier, révélant une hausse considérable des prix des entreprises de taille moyenne en Europe. Près de 10 fois le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIDA), c’est le nouveau record qu’ils ont battu entre mars et juin.

Les acquéreurs étrangers et les grands groupes cotés en Bourse sont en cause dans cette situation. Toutefois, l’économie européenne pourrait aussi l’avoir suscitée.

Toujours est-il que ce sont les transactions de moins de 150 millions d’euros qui en sont les plus affectées. Les répercussions se font sentir dans le segment, notamment au niveau du volume et du montant des fusions-acquisitions réalisées.

Les fonds d’investissement, en revanche, se sont quelque peu calmés au deuxième trimestre de l’année.

Un record historique frôlant le cap de 10 fois l’Ebitda

Les petites et moyennes entreprises européennes sont de plus en plus chères depuis 2009 où leurs prix ont atteint un niveau plancher, à 5,7 fois le BAIIDA ou l’Ebitda (earnings before interest, taxes, depreciation, and amortization).

Selon l’indice Argos sorti le 24 juillet dernier, ceux-ci ont presque touché le seuil de 10 fois entre mars et juin 2018, 9,9 plus exactement. Il s’agit d’un record historique, jamais encore été atteint, même en 2008 où la zone euro a nagé en pleine crise financière (7,7 fois l’Ebitda).

D’après l’indice, cette forte envolée de prix impacte plus sur les transactions inférieures à 150 millions d’euros. La hausse de prix se fait plus modérée jusqu'à 500 millions d'euros même si cela n’a pas été le cas entre janvier et mars 2018.

Argos a aussi dévoilé une évolution pour le moins indépendante des prix des entreprises non cotées :

Les prix du non coté ont ce trimestre une dynamique propre, indépendante de l'évolution des marchés actions comme des multiples des sociétés cotées du mid market qui baissent de 4 % à 9,5 fois l'Ebitda.

Argos.

Quant à ceux des fonds d’investissement, ils restent toujours élevés, mais avec un léger recul de 2%. À titre d’indication, leurs prix d’acquisition s’élevaient à 9,8 fois l’Ebitda pendant les trois premiers mois de 2018. L’indice Argos explique qu’ :

Ils continuent d'être portés par le niveau des capitaux élevés et restant à investir, l'utilisation accrue de la dette et la forte concurrence.

En termes de fusions-acquisitions, la première moitié de l’année n’a pas été très porteuse pour les PME. En effet, en comparaison au deuxième semestre de 2017, le montat total des opérations a régressé de 25% et de 10% pour le volume. Le segment des grandes entreprises, en revanche, se porte toujours bien.

Les raisons d’une telle hausse de prix

La hausse flagrante des prix des PME s’autoalimente selon les estimations des analystes à cause de la rareté des cibles attractives. Argos affirme que :

L'activité mid market semble être affectée par le niveau historiquement élevé des prix atteints dans le non coté, y compris par rapport aux sociétés cotées.

Argos.

Ce qui amène à une concurrence plutôt tendue. La situation économique de la zone euro y est d’ailleurs pour quelque chose. Il faut dire que l’économie croissante et la politique des taux bas améliorent forcément les conditions financières de la population.

Des opportunités de plus pour les investisseurs qui veulent mettre sur pied leur projet de financement entreprise, surtout celui du Mittelstand (entreprise allemande de taille intermédiaire et moyenne).

Quoi qu’il en soit, les grands groupes cotés en Bourse qui représente les trois quarts des acquéreurs industriels au premier semestre auraient pu également avoir participé à cette envolée de prix. Les investisseurs étrangers aussi.