L'Acropole d'Athènes, en Grèce

Le troisième volet du plan de sauvetage économique de la Grèce est arrivé à son terme le 20 août dernier. Bilan de ces huit années d’austérité : plusieurs milliers d’entreprises ont déclaré faillite. Celles qui ont survécu ont cependant vu leurs marges s’améliorer. Les perspectives économiques du pays s’améliorent, malgré quelques risques.

Huit années de marasme économique

L’économie grecque a beaucoup souffert au cours de la dernière décennie. Les chiffres en apportent la preuve :

  • de 2008 à 2015, la production intérieure brute (PIB) du pays a chuté de 25 %,
  • le taux de chômage est à 28 %,
  • sur la même période, les entreprises grecques ont perdu 66 % de la valeur de leurs chiffres d’affaires, et l’investissement a fondu de 60 %.

Important Selon un bilan dressé par Coface, l’assureur-crédit français, le marasme économique a principalement affecté les entreprises évoluant sur le marché intérieur.

Entre 2008 et 2016, la valeur ajoutée de certains secteurs comme l’hébergement et la restauration, les transports, le commerce, les technologies de l’information et la construction s’est effondrée de 40 %. Les pertes de valeur ajoutée atteignent les 70 % pour certaines productions à faible valeur ajoutée, comme les papiers-cartons et le textile.

Sur cette période, la Banque nationale de Grèce fait état de 250 000 PME ayant mis la clef sous la porte. Un chiffre pourtant encore loin de la réalité, car il ne recense que les entreprises ayant fait l’objet d’une procédure formelle de liquidation. Les sociétés cotées en Bourse ayant résisté à la crise présentent pour leur part une importante réduction de leur marge nette.

Sur le chemin de la reprise économique

Entre 2008 et 2017, le coût unitaire du travail a chuté de 22 %. Avec ce gain en compétitivité coût, les exportations du pays ont bondi de 27 %. Les produits pétroliers raffinés et la pharmacie figurent parmi les secteurs qui ont renoué avec la croissance.

Le bilan Coface rapporte entre autres une augmentation de la part des entreprises qui exportent, tant des PME que des grandes sociétés.

Important Par ailleurs, les entreprises qui ont survécu à la cure d’austérité se sont assainies.

De 2008 à 2016, leur marge brute s’est améliorée de 4 points, passant de 24 % à 28 %.

Pour sa part, le FMI rapporte une baisse du nombre de faillites. L’institution déplore toutefois la lenteur du système de liquidation judiciaire, qui contribue à la survie des « sociétés zombies ». En effet, en Grèce, le recouvrement des créances dure 3,5 ans en moyenne, contre 1,9 an au sein de l’OCDE.

Important En bref, le tissu économique grec retrouve le chemin de la croissance.

La masse des créances douteuses, estimée à 98 milliards d’euros, constitue cependant un aléa non négligeable pour le système bancaire, et fragilise l’ensemble de l’économie du pays. Les banques demeurent tatillonnes et réticentes à l’octroi de prêt professionnel.