Investisement financier americain

Aux États-Unis, les particuliers vont désormais pouvoir financer les entreprises comme Airbnb et Uber. Longtemps écartés du non côté et des licornes de ce type, ces investisseurs particuliers ont accueilli le souhait du président du gendarme de la Bourse de modifier les règles du jeu. Que retenir de cette annonce de la SEC ?

Les start-ups et le secteur non coté connaissent aujourd’hui un essor monumental aux USA. Et pourtant, la règlementation américaine empêche indirectement les particuliers d’y investir leur épargne : de nombreuses contraintes administratives, des conditions de revenus et de patrimoine particulièrement clivantes...

Cette manœuvre a plutôt bien fonctionné, car les ménages ont préféré se tourner vers les autres solutions d’épargne.

En revanche, le président de la SEC, Jay Clayton, a annoncé qu’il souhaitait permettre aux particuliers d’investir dans ces licornes, et qu’à leur tour, elles financent les retraites de ces ménages. Voyons en détail les financements pouvant valoriser les activités de ces start-ups.

Protection des investisseurs individuels

Depuis toujours, les ménages américains ont dû se tourner vers les institutionnels pour épargner et pour préparer leur retraite. Et pour cause : des mesures dissuasives ont été instaurées pour les tenir loin du non coté et des start-ups, dans le but de protéger leur épargne.

En effet, le non coté est réputé pour son risque élevé de fraudes. Il fallait alors passer par plusieurs procédures administratives pour pouvoir investir dans ces fonds. De plus, un niveau de revenus supérieur ou égal à 300 000 dollars est requis, sans compter les conditions liées au patrimoine.

Les start-ups ont besoin d’investisseurs privés

Pour trouver leur financement entreprise, les start-ups avaient autrefois opté pour la Bourse. Désormais, elles sont de plus en plus nombreuses à miser sur les investisseurs privés.

Conscient de la désuétude du système, le président de la SEC a annoncé vouloir ouvrir un nouveau chapitre et se pencher particulièrement sur la question. Et pourtant, ce n’était pas son avis au moment de sa nomination l’an dernier. Il avait déclaré en ces temps :

Tant que les entreprises éviteront la Bourse, la majorité des investisseurs individuels sera tenue à l'écart de cette croissance.

Au cours d’une interview récente avec le Wall Street Journal, il a affirmé :

Ces jours-ci, le non coté regorge de capital. La question est de savoir qui y participe.

Aux États-Unis, le non coté a pu lever quelque 450 milliards de dollars en 2017, à en croire le cabinet Preqin. À titre de rappel, le dernier record datait de dix ans passés : en 2007.

Jay Clayton a également précisé qu’un appel public à commentaires se fera préalablement à toute modification des règles en vigueur.