
13,5%, c’est la part des placements financiers que les assureurs français dédient au financement des entreprises du pays. Autant dire que ces établissements s’y intéressent que très peu. Un ratio quelque peu contradictoire, si l’on se réfère aux bilans qu’ils ont enregistrés, qui affichent une attribution de quelques centaines de milliards d’euros sous forme d’actions, d’obligations ou de parts de fonds.
À 355 milliards d’euros à la fin de l’année 2017, les fonds investis dans les entreprises françaises par les établissements d’assurances locales se trouvent encore en deuxième position dans le classement des orientations des collectes.
C’est ce qu’a révélé tout récemment la banque de France, à l’issue de sa dernière étude. Ce qui démontre aussi la place des assureurs dans un secteur où les enseignes bancaires prédominent.
Le profil de la majorité des assurés, notamment les contractants en assurance-vie, y est pour beaucoup dans cette situation. Car il n’est plus à redire que les Français ont une préférence pour les placements sécurisés, en l’occurrence les fonds en euros où le capital est garanti.
Une orientation qui n’est pas prioritaire
Au 31 décembre 2017, les assureurs français ont investi pas moins de 2 628 milliards d’euros, un montant supérieur de 3,3% par rapport aux placements réalisés à la fin de l’année précédente. Il faut dire que ces géants du secteur disposent de plus d’un tiers des actifs gérés dans toute la zone euro. Ce qui suscite des questions quant à la part dédiée au financement des entreprises.
En effet, d’après la dernière édition du bulletin de la Banque de France portant sur le sujet, 355 milliards d’euros ont été consacrés à cette fin, que ce soit de façon directe via des obligations ou des actions que de manière indirecte, à travers des Organismes de Placement Collectif (OPC). S’ajoutant à cela, les 132 milliards d’euros investis en fonds propres.
Toujours est-il que par rapport à l’intégralité des placements, ces fonds dédiés sont quelque peu minimes, à raison d’une part respective de 13,5% et 5%. Ce qui mène à conclure à moins d’enthousiasme de la part de ces acteurs d’assurances, comme le spécifie l’institution financière dans son article :
Si en montant les financements apportés sont significatifs, ils continuent d'occuper une place secondaire au regard de la capacité globale de placement du secteur des assurances.
Car il faut dire que même en considérant toutes les entreprises bénéficiaires de l’Union européenne (pas seulement de l’Hexagone), le ratio ne s’étend qu’à 24%.
Les raisons d’un tel retrait
Si les assureurs se mettent en retrait vis-à-vis du financement des entreprises européennes, c’est parce qu’ils sont tenus de respecter les conditions d’investissement de leur clientèle, notamment les souscripteurs d’assurance-vie. Étant donné que la plupart d’entre eux sont de profil « sécurité », ils affichent un attachement pour les supports à capital garanti. Ce qui fait que les placements en fonds en euros prédominent.
Voulant offrir à leurs adhérents des options conjuguant à la fois sécurité et liquidité, ces établissements se doivent d’investir dans des fonds ou des obligations publiques, dont les parts respectives s’élevaient à 37% (sur le secteur financier) et 26% à fin 2017.
Ainsi, le tiers restant revient aux actions qui ont été choisies par les contractants en unités de compte, qui acceptent plus ou moins les investissements plus risqués.