
En Chine, le système du « pledge share financing » s’effondre petit à petit, entraînant dans sa chute plusieurs spécialistes du courtage de crédits ainsi que plusieurs établissements bancaires. Cette solution permet aux entreprises d’apporter des actions en garantie pour l’obtention de prêts professionnels, mais présente un risque majeur : la dépréciation des dites actions.
620 milliards de dollars de créances
Particulièrement en vogue l’an dernier, cette pratique avait été mise en place pour lutter contre le « shadow banking ».
Le dispositif accorde aux banques la possibilité d’accepter des actions comme nantissement dans le cadre d’une demande de crédit professionnel.
Important Seulement, depuis quelques mois, les cours de bon nombre de ces actions se sont effondrés, mettant en difficulté les courtiers et les banques qui les ont acceptées comme garantie.
La valeur des actions incriminées, qui proviennent majoritairement de PME, est estimée à 620 milliards de dollars. Ce montant représente à peu près 10 % de la totalité de la capitalisation boursière chinoise.
Des mesures précaires
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ne contribue pas à améliorer la situation. En effet, le ralentissement économique qui en découle affecte principalement les PME.
Depuis janvier, les principaux indices boursiers ont reculé de -20 %.
Important Pour endiguer le phénomène, l’État chinois encourage les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance, les professionnels du courtage et même les collectivités locales à investir dans les entreprises cotées.
Pékin invite par ailleurs les courtiers touchés par cette crise à conserver les actions placées en garantie, et appelle les sociétés cotées à poursuivre les transactions sur leurs titres.
Jusque-là efficaces, ces dispositions ne suppriment pas pour autant les risques de voir les pertes s’accumuler.
Recul notable du bénéfice net pour les organismes de prêts
Comparé à l’année précédente, plus d’une trentaine de courtiers chinois ont vu le montant de leurs provisions pour pertes sur créances doubler sur les trois premiers trimestres, avec un total dépassant le milliard de dollars.
Important Avec la multiplication des défauts de paiement sur les crédits professionnels garantis par des actions, les bénéfices des banques et courtiers sur le troisième trimestre ont été réduits de moitié.
Parmi les courtiers victimes, Southwest Securities s’est retrouvé dans l’obligation de provisionner l’équivalent de 80 % de ses bénéfices de ce troisième trimestre, et ce, afin de couvrir les déficits associés à ces dettes.