monnaie euro et calculatrice

La baisse continuelle du pouvoir d’achat figure parmi les nombreux facteurs qui ont poussé les Gilets Jaunes à entamer leur mouvement de contestation. Et il faut croire que le pouvoir public a répondu à leur appel puisqu’il a adopté certaines mesures afin de redresser la barre. Dans ce sens, il a même appelé les entreprises françaises à y apporter leur soutien.

Afin d’apaiser le mécontentement des Gilets Jaunes en ce qui concerne le pouvoir d’achat, le président Emmanuel Macron a, le 10 décembre dernier, fait appel à la bonne volonté des entreprises françaises pour que ces dernières prennent part à la relance du système en accordant une prime de fin d’année à leurs employés.

Et si l’on croit le patron du Medef (Mouvement des entreprises de France), cette mesure a été plutôt bien perçue par les concernées. Toutefois, cette organisation patronale ne pouvait s’empêcher d’exprimer sa crainte quant aux dispositifs à venir qui risquent fort d’impacter sur les chiffres d’affaires des différentes structures.

Une mesure plutôt bien reçue

Dans le cadre des dispositions adoptées par le gouvernement afin d’apaiser la colère des manifestants, Emmanuel Macron a fait appel aux entreprises en s’exprimant en ces termes :

J’ai besoin que nos grandes entreprises et nos concitoyens les plus fortunés aident la nation à réussir.

Emmanuel Macron.

Dans ce sens, le président a avancé l’idée que ces dernières devraient y contribuer en accordant une prime de fin d’années à leurs salariés. Et si l’on tient compte de l’avis de Geoffroy Roux de Bézieux, les concernées ont plutôt réagi favorablement à cet appel. À ce président du Mouvement des entreprises de France de préciser :

Les mesures annoncées hier en matière de pouvoir d’achat sont de nature à répondre aux attentes exprimées, sans pénaliser la compétitivité des entreprises.

Geoffroy Roux de Bézieux.

Pour preuve, plusieurs sociétés de grande envergure et industriels de renom comme Jacquet Metal Services, Orange, Iliad, Publicis, Altice et LVMH ont d’ores et déjà affirmé leur volonté à se conformer à cette demande.

D’après le Medef, cette décision s’explique par le fait que cette fameuse « gratification » demeure facultative et que bon nombre d’employeurs l’ont déjà appliqué auparavant, et continuent de le faire.

S’ajoutant à cela, les autres dispositifs qui l’accompagnent ne représentent aucun effet négatif sur le coût du travail ainsi que sur la prime d’activité liée au SMIC.

L’inquiétude demeure

Afin d’aider les différentes structures à mieux supporter leurs charges face à la prime de fin d’année et surtout les pertes de chiffres d’affaires enregistrés durant la grève, Emmanuel Macron a reçu, le mardi 11 décembre 2018 les responsables des établissements financiers liés au financement entreprise. Son objectif étant de persuader ces derniers d’assouplir au mieux leurs conditions de crédits ainsi que les remboursements qui vont avec.

Normalement, les concernés devraient en être rassurés, mais l’inquiétude demeure. Tout cela, parce que l’entrevue effectuée le mercredi 12 décembre dernier entre le président et les représentants des entrepreneurs laissait entendre l’existence de certaines mesures fiscale qui risque fort de les pénaliser. Entre autres :

  • La réintroduction de la surtaxe d’IS (impôt sur les sociétés) ;
  • Le report de la baisse de l’import sur les sociétés qui devait être effectif dès la rentrée 2019 ;
  • Le décalage dans le temps des baisses de cotisations sociales induites par la bascule du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charges pérennes.

Et tenant compte de la réintroduction de la surtaxe d’IS, un responsable patronal n’a pas pu s’empêcher de donner son avis :

Ce sont les entreprises qui gagnent le plus d’argent, et donc qui sont les plus performantes, qui seraient surtaxées. On pénalise les acteurs économiques performants, c’est un peu paradoxal.