
Une fois de plus, les organisations patronales et syndicales devront remettre à un autre jour leur négociation sur l’assurance chômage s’est soldée en échec. Il se trouve en effet que ces dernières ne sont pas parvenues à trouver un terrain d’entente durant cette neuvième séance que les syndicats ont été contraints de poser un ultimatum.
La corde est plus tendue que jamais entre les syndicats et le patronat. La soi-disant dernière chance pour trouver une issue positive face à leurs problèmes liés à l’assurance chômage est partie en vrille le 14 février dernier.
Il semblerait que les parties prenantes n’arrivent pas à s’entendre sur les questions de contrats courts. Forçant ainsi, les syndicalistes à se retrancher sur une position quelque peu drastique si leurs interlocuteurs tentent d’obtenir une échéance afin d’étudier en profondeur le sujet.
Mais d’une manière ou d’une autre, la question devrait être tranchée que ce soit par ces deux entités ou par le gouvernement.
Rien n’est encore perdu
La négociation du 14 février a été certes un échec, mais rien n’est encore perdu. Le fait est que le patronat semble vouloir trouver une issue positive face à l’ultimatum des syndicats qui s’est exprimé en ces termes :
« On leur laisse jusqu’à mardi 19 février au soir. S’ils ont un mandat et s’ils formalisent un accord écrit avec une modulation de cotisations, on reviendra discuter le 20 février. Sinon, on va considérer que la négociation est finie ».
Ainsi, le Medef et la CPME ont obtenu un laps de temps pour étudier de près le fameux « bonus — malus », la principale entrave à l’aboutissement de ces pourparlers. À noter qu’il s’agit là d’un point jugé très sensible par les patrons qui le considère comme « une menace pour de nombreux emplois ».
D’ailleurs, ces derniers ont d’ores et déjà rejeté la proposition d’Emmanuel Macron à ce sujet en janvier dernier. Mais pour cette fois, il semblerait qu’ils veulent bien reconsidérer leur position si l’on croit un membre de la CFTC :
« Ils veulent maintenant examiner la question et affirment qu’ils ne sont opposés qu’au bonus-malus du gouvernement et pas à tous les systèmes ».
Trouver un accord ou se conformer aux mesures gouvernementales
Il va sans dire que l’assurance professionnelle liée au chômage est un point sensible pour les syndicats et les employeurs. Toutefois, ils ont tout intérêt à se mettre d’accord si l’on croit Jean-François Foucard de la CFE-CGC :
« Clairement pour les organisations syndicales comme patronales, s’il n’y a pas d’accord, ce sera du perdant-perdant ».
Jean-François Foucard.
Le fait est que si ces derniers n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, ils devront se conformer aux mesures préétablies par le gouvernement comme le recours au « bonus-malus » ou la mise en place d’un mécanisme permettant d’économiser entre 3 à 3,9 milliards d’euros en l’espace de trois ans.
En ce qui concerne le patronat, la situation est plutôt claire si l’on se réfère à l’analyse de Jean-François Foucard :
« Ils ont compris que c’était peut-être mieux d’avoir un système fixé par des partenaires sociaux que par le gouvernement lui-même. En fait, ils vont manger leur chapeau et c’est la taille du chapeau qui va varier ».
Jean-François Foucard.