
Engagé dans un programme de verdissement de son secteur routier, le Luxembourg entend actuellement redoubler d’efforts pour atteindre ses objectifs de réduction de pollution automobile à l’horizon 2030. Le Grand-Duché investit déjà effectivement beaucoup dans des mesures d’incitation à l’achat de véhicules électriques et à l’installation d’infrastructures de recharge publiques.
Le Luxembourg s’efforce depuis le milieu des années 2000 de réduire la part du transport routier dans les émissions de polluants dans l’air. Ces efforts ont porté leurs fruits, du moins en partie, ce secteur restant en 2017 le principal responsable de la pollution atmosphérique du Grand-Duché.
Conscient de cet échec relatif, le pays passe à la vitesse supérieure en 2015, en :
- déployant toute une série de dispositifs fiscaux en faveur des voitures électriques ;
- encourageant l’usage des transports publics, devenus gratuits.
Le succès de cette transition dépendra en grande partie de l’engagement des citoyens, des employeurs, des communes et des pays voisins, d’où provient une part importante du trafic sur les routes luxembourgeoises.
Une transition écologique et des changements tous azimuts
Le Luxembourg attend beaucoup de ses investissements dans le verdissement de sa flotte automobile, constituée en grande partie de voitures particulières. Son objectif est clair :
Important Avoir un parc de véhicules composé à 50 % de modèles électriques à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, le pays a mis en place plusieurs instruments financiers et fiscaux destinés à encourager l’adoption de ces technologies vertes par la population et par les entreprises locales. Face à la barrière des bornes de recharge publiques, le Grand-Duché en a accéléré le déploiement entre 2015 et 2019.
D’autres changements majeurs ont aussi vu le jour, à la faveur d’un investissement de 1,8 milliard d’euros en quatre ans. Depuis mars 2020,
ImportantLes transports publics luxembourgeois sont accessibles gratuitement.
Avec cette révolution, le pays espère :
- capter une part importante des déplacements en voiture particulière ;
- désengorger les routes ;
- agir directement sur l’émission en particules polluantes du transport routier.
Une partie de cette enveloppe a été consacrée à la construction d’une ligne de tramway, le développement de couloirs de bus et l’intégration de systèmes d’information en temps réel pour tous les usagers des réseaux routiers du Grand-Duché. De nouvelles pistes cyclables et des plateformes multimodales ont aussi vu le jour.
Des défis transfrontaliers nécessitant une coopération européenne
Pour réussir pleinement la transition énergétique de son parc automobile, le Luxembourg doit aussi régler le problème des voitures étrangères qui traversent chaque jour son territoire. Plus de 200 000 navetteurs transfrontaliers, en majorité véhiculés, utilisent au quotidien son réseau routier.
Des milliers d’autres automobilistes, attirés par les prix avantageux dans le pays, y viennent faire le plein et acheter 70 % des carburants écoulés chaque jour.
Cette particularité rajoute une dimension en plus au projet de transition écologique du transport routier luxembourgeois, un défi que le Grand-Duché ne pourrait pas relever sans la coopération des pays voisins :
- France ;
- Allemagne ;
- Belgique.
En attendant, des experts appellent les autorités du Grand-Duché à user des leviers fiscaux à sa disposition pour atteindre rapidement ses objectifs. Ils parlent notamment de :
- la création de redevances routières ;
- la taxation des voitures de société polluantes ;
- l’allègement fiscal des véhicules et solutions de mobilité écologiques ;
- la révision de la politique des taxes sur les carburants fossiles.