
À la date du mercredi 29 avril dernier, l’OIT (Organisation internationale du travail) a publié les résultats de ses études destinées à mesure les conséquences du Covid-19 et du confinement sur le marché du travail au niveau mondial. Il en ressort que la situation est loin d’être réjouissante en ce qui concerne les professionnels de l’économie informelle.
Les travailleurs du secteur informel, ces piliers de l’économie dont la grande majorité n’est pas couverte par une assurance professionnelle sont actuellement menacés par un problème de taille. Pour le dire, il suffit de se référer à la dernière publication de l’Organisation internationale du travail ou OIT qui a fait valoir que plus d’un milliard de personnes à travers le monde risquent de se retrouver au-dessous du seuil de la pauvreté au deuxième trimestre de cette année.
Une situation qui suscite l’inquiétude auprès de l’organisme qui a pointé du doigt l’épidémie du coronavirus engendrant l’arrêt des activités à travers le confinement.
Le confinement à la source de la chute brutale des heures de travail
Dans le cadre de ses enquêtes, l’OIT a porté son regard sur les impacts du confinement sur le secteur informel. Il en ressort que cette mesure a engendré une chute brutale des heures de travail auprès des pays adoptant cette mesure destinée à endiguer la propagation du covid-19. Dans ce sens, l’organisme a concentré ses études sur les emplois à temps plein sur une base de 48 heures par semaine.
Ce qui lui a permis de découvrir qu’entre janvier et mars de cette année, le monde a enregistré un recul de 4,5% par rapport au dernier trimestre de 2019 pour représenter près de 130 millions d’emplois suspendus.
Un nombre qui risque de s’élever à 305 millions au deuxième trimestre 2020 suite à une chute de 10,5% si l’on croit les estimations de l’OIT qui a d’ailleurs tenu à faire savoir que certaines régions seront plus touchées que d’autres. À savoir :
- Les Amériques avec un repli de 12,4 % ;
- L'Europe et l'Asie centrale à - 11,8 %.
Une situation qui concerne essentiellement les secteurs de l’industrie, du tourisme, de l’hébergement, de la restauration, de l’immobilier ou des activités commerciales de gros et de détail.
Une menace pour les travailleurs de l’économie informelle
D’après l’OIT, la chute des heures de travail lié au confinement a mis au chômage 80% des travailleurs de l’économie informelle à travers le monde. Ce qui se présente comme une menace réelle pour ces derniers qui s’exposent dangereusement à une perte de revenus non négligeable conduisant Guy Ryder à dire qu’au deuxième trimestre :
Trois quarts des travailleurs informels, soit 1,6 milliard de personnes dans le monde, doivent désormais faire face au danger immédiat de voir leurs moyens de subsistance anéantis.
Guy Ryder.
Ce directeur général de l'organisation a d’ailleurs rajouté que :
Nous devons tous penser à la souffrance humaine qui se cache derrière ce chiffre qui aura un impact énorme en matière de pauvreté.
Guy Ryder.
Pour illustrer, l’OIT a en outre montré qu’à l’échelle mondiale, les individus concernés ont perdu 60% de leurs revenus rien qu’au premier mois de cette crise sanitaire. Soit de :
- 81% en Afrique ;
- 81% aux Amériques ;
- 70% en Europe ;
- 70% en Asie centrale ;
- 21,6% en Asie-Pacifique.
Aussi, l’institution a ajouté que cette situation concerne également les opérateurs indépendants ainsi que les employeurs représentant 463 millions de structures entrepreneuriales dont 232 millions sont spécialisées dans le commerce de détail et de gros pour inciter Guy Ryder à tirer la sonnette d’alarme en s’exprimant en ces termes :
Des millions d'entreprises à travers le monde ont du mal à tenir la tête hors de l'eau. Elles n'ont pas d'épargne ou pas d'accès au crédit. Voilà pourtant le vrai visage du monde du travail. Si nous ne leur venons pas en aide dès à présent, elles vont périr, tout simplement.
Guy Ryder.