Avec l’épidémie de covid-19, Fiat Chrysler a été contraint de fermer la majorité de ses sites européens. Le groupe espère aujourd’hui obtenir les liquidités dont il a besoin pour relancer la production dans ses usines. Pour ce faire, il compte sur l’aide de l’État italien, lequel devrait lui accorder une ligne de crédit de plus de six milliards d’euros. Cette demande a suscité la polémique dans la mesure où le siège social de la firme se trouve aux Pays-Bas.
Besoin d’une garantie de l’État
Le constructeur espère bénéficier des mesures mises en place par le gouvernement pour limiter les impacts économiques du covid-19.
Important Un décret sur les liquidités permet en effet aux entreprises d‘emprunter jusqu’à 25 % de leur chiffre d’affaires consolidé.
Ce qui, pour la FCA, correspond à 6,3 milliards d’euros.
Des négociations sont en cours entre le constructeur automobile et la première institution bancaire du pays concernant l’octroi d‘un crédit professionnel sur trois ans. Pour appuyer sa demande d’emprunt, le constructeur négocie l’obtention d’une garantie SACE auprès du gouvernement italien.
Du côté de l’exécutif, la situation du siège social n’est pas l’essentiel. L’objectif est de rendre l’environnement économique du pays attractif. L’automobile constitue en effet un secteur clé de l’économie italienne. Il représente 6,2 % de la production intérieure brute du pays.
La FCA figure ainsi parmi les entreprises stratégiques de la péninsule. D’autant plus que, lourdement affecté par la crise sanitaire, le secteur reprend peu à peu ses activités depuis le début mai.
Ce prêt permettra à la firme de financer ses activités sur ses sites italiens, et par la même occasion de contribuer à la pérennité des activités des PME qui composent la chaîne d’approvisionnement automobile de la péninsule.
À noter que selon les statistiques, une dizaine de milliers d’entreprises évolue dans ce domaine, permettant à FCA de générer un grand nombre d’emplois.
Des interrogations autour du siège social
Le cas de la FCA fait toutefois l’objet de vives controverses. En cause : la localisation du siège social. En effet, la maison mère de la compagnie se trouve aux Pays-Bas. Beaucoup estime ainsi que l’État italien ne devrait pas se porter garant pour cet emprunt.
Une importante partie de ce financement ira ainsi à l’étranger. Pour d’autres, avant d’obtenir les fonds, le constructeur doit rapatrier son siège social en Italie.