crédit lyonnais

Après des semaines de discussion, les banques françaises ont finalement donné leur accord pour la prolongation des prêts garantis par l’État. Ce dispositif restera ainsi disponible jusqu’à la fin de l’année. De plus, les entreprises pourront recourir à ces prêts pour régler des dettes, et non plus seulement pour répondre à leur besoin de trésorerie.

À l’issue d’une réunion avec la ministre du Travail, Élisabeth Borne, et les partenaires sociaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé la prolongation des prêts garantis par l’État (PGE) jusqu’au 31 décembre 2021. Ce dispositif devait initialement prendre fin le 30 juin prochain. Mais compte tenu de l’évolution de la crise sanitaire et pour éviter une vague de faillites une fois les aides gouvernementales stoppées, il a été prolongé.

De plus, les entreprises pourront également souscrire à ce crédit professionnel afin de s’acquitter de leurs dettes auprès de leurs fournisseurs, si auparavant il était seulement destiné à satisfaire leur besoin de trésorerie.

137 milliards d’euros sollicités jusqu’à maintenant

Ces derniers mois, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer la continuité des PGE. Les petites et moyennes entreprises ont particulièrement milité pour cela. Le gouvernement a finalement décidé de répondre favorablement à la requête et le dispositif restera disponible jusqu’à la fin de l’année. Le président de la commission financement des entreprises de l’organisation, Germain Simoneau, se félicite de cette prolongation. Aussi, a-t-il déclaré que :

Cela va permettre aux entreprises frappées par la crise de ne pas crouler sous un amas de dettes au moment où l'on va leur demander d'assurer la reprise.

Germain Simoneau

Pour sa part, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que :

Nous ne voulons pas qu'après une période de protection, il y ait tout d'un coup un dégel brutal qui se solde par des dizaines de milliers de faillites.

Germain Simoneau

Jusqu’à maintenant, 675 000 entreprises ont souscrit à un PGE, pour un montant total de 137 milliards d’euros. D’ici la fin de l’année, la barre d’un million d’enseignes pourrait être franchie. Les PGE ont également permis de faire reculer de 40 % les défaillances d’entreprises en 2020.

Une baisse de la demande de la part des entreprises

Les banques françaises ont longtemps hésité à prolonger les PGE. Et pour cause, le risque d’impayés serait trop élevé. Mais les établissements bancaires ont finalement donné leur accord après des semaines de négociation. Les banques étaient d’autant plus réticentes en raison de la baisse significative de la demande de PGE de la part des entreprises par rapport à la tendance observée lors des premiers mois de la crise sanitaire.

Le groupe BPCE, qui coiffe les Banques Populaires et les Caisses d’Épargne, a par exemple indiqué que la demande a régressé d’au moins dix fois en comparaison avec celle d’il y a un an.

Néanmoins, le fait que les PGE puissent être utilisés pour éponger des dettes devrait permettre d’augmenter considérablement la demande de la part des entreprises. La Fédération bancaire française a rajouté dans un communiqué que les banques de l’Hexagone resteront solidaires de leurs clients pour trouver les solutions adaptées en ces temps de crise.