
Malgré une nette amélioration des bornes publiques et professionnelles, les voitures électriques souffrent encore du sempiternel problème du temps de charge, jugé trop long. Tous les constructeurs s’efforcent de contourner cet obstacle. Chez Renault, l’idée d’une flotte équipée de batteries interchangeables, abandonnée il y a quelques années, revient sur la table.
Combien de temps faut-il pour recharger pleinement la batterie d’une voiture électrique ? Plusieurs paramètres influent sur cette durée, dont :
- la puissance de la borne ;
- la capacité de la batterie ;
- le modèle du véhicule.
En fonction de ces paramètres, il faudrait entre 15 minutes et quelques heures pour recouvrer jusqu’à 80 % de la puissance de la batterie. Pour beaucoup de conducteurs, cette longue attente apparaît comme un gros point noir en défaveur de la mobilité électrique. En guise de solution, Renault penche de nouveau sur un vieux projet articulé autour d’une flotte de voitures électriques et d’un réseau de stations d’échange de batteries.
L’échange de batteries pour réduire le temps de charge
L’idée d’une flotte automobile équipée de batteries interchangeables n’est pas vraiment nouvelle. Elle est même exploitée à échelle industrielle en Chine, par le constructeur Nio. Cette marque possède plus de 300 stations dédiées dans l’Empire du Milieu. Ces sites ont été spécialement aménagés pour accueillir les voitures Nio alimentées par des accumulateurs interchangeables.
L’enseigne prévoit de déployer la même technologie en Europe à l’horizon 2022. Elle envisage notamment d’installer un réseau de stations d’échange dans les 5 plus grandes villes de Norvège. Avant Nio, Tesla avait aussi développé son propre concept de stations d’échange de batteries, avant de l’oublier assez rapidement. Cette technologie pose effectivement de nombreux défis techniques et pratiques, entre l’intégration de la batterie – pour en faciliter le remplacement – et la standardisation.
Ces obstacles ont déjà refroidi par le passé les ambitions de Renault. La marque au losange s’était déjà intéressée au concept aux alentours de 2010 et 2011, lorsqu’elle était encore sous la direction de Carlos Ghosn. Lors d’un sommet organisé par le Financial Times, l’actuel PDG du groupe, Luca de Meo, annonce que Renault étudie de nouveau cette idée originale. Selon lui, cette technologie fait partie d’un ensemble de solutions permettant de réduire significativement le temps de charge des voitures électriques de la marque.
Un hypothétique retour aux batteries interchangeables
Luca de Meo dit avoir demandé à ses ingénieurs de reconsidérer la technologie d’échange de batteries de voitures électriques, d’en identifier les points forts et d’évaluer son réel potentiel. Il leur a aussi demandé de trouver une solution permettant d’exploiter ce concept. Toutefois, le groupe n’a encore rien décidé.
Peut-être que l’échec de 2011 hante toujours la mémoire des cadres de Renault. À l’époque, le constructeur français a mené des tests grandeur nature en Israël et au Danemark. La marque y a déployé une flotte de sa nouvelle voiture électrique, Renault Fluence, et un réseau de stations d’échange de batteries. L’enseigne s’est associée avec l’entrepreneur Shai Agassi dans le cadre de cette initiative baptisée Better Place. Devant l’ampleur du défi et les résultats assez décevants, Renault a jeté l’éponge. Le constructeur va-t-il réussir son pari cette fois-ci ? Seul l’avenir le dira.