
En France, comme pour la plupart des pays de l’Europe, la crise sanitaire a eu pour conséquence contradictoire de revoir à la baisse le nombre d’entreprises défaillantes. Et maintenant que l’heure de la relance a sonné, État et établissements bancaires ont tendance à penser que le pire est derrière, mais ce serait une erreur selon la BCE.
En Europe et un peu partout où la présence de l’épidémie du coronavirus est détectée, nombreux sont les États à choisir le credit professionnel comme outil principal destiné à soutenir les entreprises face à la crise. Un choix plutôt efficace étant donné que contrairement à ce que l’on pouvait s’y attendre, le nombre de structures défaillantes a baissé considérablement en prenant en exemple le cas de la France affichant une chute de 39 % en 2020 en notant que pour la majorité, les pays de la zone euro ont emprunté la même voie.
Ainsi, les gouvernements de ces pays, tout comme les organismes prêteurs estiment qu’avec la reprise, le cauchemar des entreprises en faillite fait partie du passé. Ce qui n’est pour l’instant pas de l’avis de la Banque centrale européenne qui préfère miser sur la prudence.
L’éventualité d'une hausse de l'insolvabilité n’est pas encore exclue
Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, la BCE a tenu à faire savoir qu’au plus haut de la crise, les banques et les gouvernements ont joué un rôle majeur dans la baisse du nombre d’entreprises défaillantes en ajoutant qu’avec tous les efforts fournis, elle est confiante quant à la reprise.
Ce qui serait une nouvelle plutôt encourageante sauf qu’au passage, l’organisme a continué de soutenir que l’heure n’est pas encore au relâchement comme l’avait fait remarquer quelques jours auparavant son président du conseil de surveillance prudentielle en s’exprimant en ces termes :
Nous n'avons toujours pas atteint le pic en termes de matérialisation des risques de crédit. Ce n'est pas encore le moment d'adopter des attitudes trop positives.
Ainsi, la BCE a tenu à souligner que :
À mesure que ce soutien est supprimé, on ne peut exclure que les taux d'insolvabilité soient considérablement plus élevés qu'avant la pandémie.
Une inquiétude qui ne devrait pas avoir lieu d’être selon un banquier faisant valoir que :
Je ne crois pas à l'idée de falaise, de déferlante ou de tsunami de faillites. C'est comme s'il y avait une sorte de monde caché qui soudain se réveille. Certes, il y a des risques cantonnés, mais on voit surtout des entreprises qui ont une trésorerie historique et n'ont pas le sentiment que la situation est ingérable.
La vigilance est de mise
Craignant l’éventualité d’une explosion des risques d’insolvabilité, la BCE estime que la vigilance est de mise en précisant que :
Cela pourrait peser sur les États et les banques.
Loin de se contenter de faire appel à la prudence, l’organisme a jugé bon d’aiguiller les concernés dans leurs décisions. En s’adressant aux établissements financiers, la Banque centrale a ainsi fait savoir que :
Le risque de crédit peut se matérialiser avec un certain retard, ce qui implique la nécessité d'augmenter les provisions pour pertes sur prêts.
Non pas sans raisons puisqu’aux dernières nouvelles, les banques de la zone euro ont tendance à diminuer leur provision financière pour faire face à ce genre de risque.
Et en se tournant vers les gouvernements, la BCE a fait savoir que :
Les politiques de soutien financier, particulièrement pour les entreprises, soient plus ciblées.
Ce, en prenant compte du fait que le poids de la dette est nettement plus lourd à supporter pour les structures dans certains pays et notamment pour les filières les plus impactées par la crise à l’instar de la restauration ou du tourisme.