
Malgré les incertitudes économiques entourant la fin de la crise sanitaire, les marchés boursiers maintiennent le rythme. En Suisse, les placements en capital-risque dans les start-ups ont atteint des sommets durant les six premiers mois de 2021. Les investisseurs ont particulièrement ciblé les investissements dans les Fintech, pour des raisons financières et stratégiques.
La reprise économique se fait encore attendre en Europe, même si des signaux de relance apparaissent timidement sur le front de la consommation et de la croissance des entreprises. En Suisse, ces signes semblent plus évidents qu’ailleurs, en particulier sur les marchés financiers. Portées par l’appétit des grandes entreprises locales, les start-ups du pays ont reçu d’importants flux d’investissements en capital-risque.
Quelques firmes prometteuses ont même franchi le cap de l’introduction en Bourse. Ces placements record s’expliquent en grande partie par l’activité soutenue des Corporate Venture Capitalists, une tendance appelée à s’accentuer dans les prochaines années vu les ambitions des sociétés derrière ces CVC.
L’activité des CVC profite aux start-ups suisses
Au premier semestre 2021, les start-ups suisses ont établi un nouveau record de collecte auprès des investisseurs nationaux et étrangers. Les entreprises les plus suivies travaillent dans le secteur financier – banque, assurance professionnelle ou services boursiers –, suivies par les compagnies de biotechnologie. D’un point de vue purement financier, ces entreprises d’avenir attirent logiquement les investisseurs en capital-risque, qui cherchent à rentabiliser leurs placements à moyen ou long terme. L’analyse de l’Institut des services financiers de Zoug IFZ avance pourtant une tout autre explication.
En se basant sur les indices donnés par 24 grandes entreprises suisses qui ont leur propre Corporate Venture Capitalists, les investisseurs privilégient surtout les objectifs stratégiques. Ils s’intéressent aux start-ups avant tout pour leurs technologies innovantes, susceptibles de les aider dans leurs propres activités. Le profit financier est relégué au second plan. Les chiffres du marché corroborent d’ailleurs ce constat. Les CVC suisses rapportent en effet un taux de réussite de 50 % de leurs investissements.
Ce taux relativement faible n’inquiète guère ces sociétés, dont la moitié compte maintenir leur niveau d’activité actuel. 40 % des entreprises interrogées ambitionnent même d’augmenter leurs placements dans ces start-ups innovantes. Durant ces cinq dernières années, les CVC les plus actifs ont placé plus de 100 millions CHF dans les start-ups et ont des parts dans une vingtaine de ces entreprises. Environ la moitié de ces investisseurs professionnels ont injecté 20 millions CHF dans une dizaine de start-ups sur la même période.
124 tours de table réussis au premier semestre 2021
Selon le rapport semestriel de l’association d’investisseurs SECA et le site Startupticker, les start-ups suisses totalisent 124 levées de fonds sur les marchés financiers principaux et secondaires au premier semestre 2021. Ces opérations ont permis de collecter 1,7 milliard de francs suisses auprès des CVC et d’autres investisseurs. Par rapport au premier semestre 2020, cela représente un bond de 130 %.
La campagne de financement menée par Wefox, une fintech spécialisée dans l’assurance numérique, a beaucoup contribué à ce record. Cette start-up a levé à elle seule 600 millions de francs suisses. Le secteur de l’assurance, dans son ensemble, a confirmé son rôle de moteur d’investissements, avec 26 tours de table effectués entre janvier et juin. Les entreprises de biotechnologie arrivent en seconde position, avec une collecte totale de 414 millions de francs.