
La crise sanitaire a permis aux fintechs de renforcer leur position auprès des PME belges. C’est l’une des grandes lignes mises en exergue par le cabinet d’étude EY dans un rapport publié récemment. La note démontrant également que ces dernières sont bien nombreuses à envisager la possibilité de changer de banque.
En Belgique, le consultant EY a mené une enquête auprès de 300 entreprises comptant entre 10 et 249 collaborateurs. L’initiative permettant de découvrir que depuis la crise sanitaire, les dirigeants de PME sont de plus en plus nombreux à penser à changer de banque.
Et en creusant davantage, le cabinet d’étude s’est rendu compte que cette tendance est pour jouer en la faveur des fintechs qui, contrairement aux acteurs traditionnels, ont bien fait de renforcer leur position sur le marché.
Un phénomène qui s’explique essentiellement à travers la montée en force de la digitalisation des services selon les auteurs de ce rapport.
L’avantage aux fintechs
À travers ses investigations, EY a découvert qu’en Belgique, les dirigeants de PME sont bien nombreux à penser à changer de banque avec une proportion élevée à 40%. Un niveau relativement élevé par rapport à la moyenne enregistrée à travers 14 pays de l’Europe et des États-Unis qui s’est établie à hauteur de 36%. Aux auteurs de cette étude de préciser :
Les PME savent qu’aujourd’hui, c’est facile de changer de banque.
Et d’après les constats, ce phénomène est pour jouer à l’avantage des fintechs. La preuve, 28% des PME qui comptent voir ailleurs envisagent de se tourner vers les opérateurs financiers de cette catégorie. Une situation qui intervient, alors qu’à l’heure actuelle, 22% de ces entreprises de moins de 250 salariés ont déjà franchi le pas.
Ainsi, il y a de fortes chances que la part de marché des fintechs soit plus élevée dans un proche avenir. Toutefois les analystes d’EY s’accordent à dire que :
Certes, elles sont nombreuses à se dire prêtes à changer de banque. Cela montre qu’il y a des frustrations. Mais notre étude montre aussi que les PME restent globalement satisfaites des services proposés par leur banque.
Un phénomène porté par différents facteurs
Si ce changement est pour jouer en la faveur des fintechs, c’est qu’il y a une explication selon EY indiquant que ce phénomène est porté par différents facteurs.
À commencer par l’effet levier de la pandémie du Covid-19 selon les experts indiquant que :
Pendant la crise, les PME ont pu expérimenter les relations à distance, avec succès. Cela ouvre la porte à de nouvelles opportunités pour les fintechs.
Prenant conscience de cette ouverture, ces dernières sont d’ailleurs à l’affût en notant que pour augmenter leur chance, elles n’hésitent pas à mettre en avant des services innovants comme le financement franchise, les applis mobiles ou encore les paiements en ligne.
Aussi, EY a tenu à souligner que :
Les relations des PME avec leurs banquiers se sont distendues et virtualisées.
Et ce n’est pas faute de le croire puisque les études ont démontré qu’au niveau mondial, 78% des PME ont avoué avoir confiance à leur banque, alors qu’en Belgique, ce niveau est à 10 points plus bas à 68%.
À cela s’ajoute le fait que les PME sont devenues plus exigeantes. La preuve, 70% d’entre elles ont déclaré vouloir un partenaire financier de confiance qui saurait faire preuve de réactivité et de disponibilité et qui serait à la fois en mesure de comprendre leur industrie. À EY d’ajouter :
Les PME acceptent la digitalisation. Mais elles sont aussi en demande d’une relation forte, individualisée, avec leur chargé de relation bancaire.