
Dans l’Hexagone, le prix de l’électricité est sur une tendance haussière depuis des mois et devrait continuer dans ce sens pour encore un bon bout de temps. Une situation qui n’est pas pour arranger le cas des PME qui s’attendent à voir leur facture dépasser le double de son volume habituel cette année.
Maintenant que le conflit ukrainien s’est associé à la forte inflation des prix de l’énergie sur le marché mondial qui fait des ravages depuis des mois, penser à la facture électricité est devenu un véritable cauchemar pour les dirigeants des PME. La raison est que, malgré les dispositifs adoptés par l’État pour en atténuer les impacts, ces derniers estiment que ce sera largement insuffisant pour limiter les dégâts même pour ceux souscrits au contrat ARENH.
Ainsi, la saison 2022 sera marquée par une forte explosion selon ces responsables qui doivent explorer différentes pistes pour éviter le pire qui serait de voir leur marge bénéficiaire s’effriter considérablement.
L’explosion de la facture d’électricité est incontournable
Aux yeux des PME, la période d’exercice de 2022 sera particulièrement rude pour leur situation financière que certaines d’entre elles pensent déjà à souscrire à un prêt entreprise pour garder l’équilibre. Non pas sans raison puisque ces dernières estiment que leur rentabilité prendra un sacré coup comme le décrit Valérie Tellier en s’exprimant en ces termes :
C’est la marge de mon entreprise qui s’en va dans l’énergie !
Valérie Tellier
En effet, ce PDG de ValFi ainsi que la majorité des dirigeants estiment que cette fois, les PME auront à faire face à l’explosion de la facture d’électricité qui est déjà sur une tendance haussière depuis la crise sanitaire. Pour sa part, Mme Tellier a par exemple fait savoir que suite à un entretien avec son fournisseur Engie :
J’ai découvert que ma facture d’électricité pour alimenter nos fours de cuisson et nos compresseurs allait passer de 400 000 euros à plus de 900 000.
Valérie Tellier
Soit plus de deux fois le poids de la facture habituelle de l’entreprise générant un chiffre d’affaires annuel estimé à 12 000 euros. La situation est aussi préoccupante pour celles souscrites au contrat ARENH, malgré l’initiative gouvernementale relevant le plafond régulé à 120 TWh à 46 euros HT le MWh contre 100 TWh à 42,5 euros HT le MWh. À Patrick Coquelet, d’expliquer :
Nous subirons de fortes hausses dès que le plafond ARENH sera dépassé, car les prix sont alors ceux du marché libre.
Patrick Coquelet
Soit pour une croissance estimée à 50% par rapport à la facture de 2021 selon ce président de Polytechs indiquant que :
Si cette hausse devait perdurer tout au long de 2022, mon compte de résultat serait affecté.
Différentes pistes pour en atténuer les impacts
Il va sans dire qu’une hausse brutale et durable n’est pas pour arranger le cas des PME qui se doivent d’explorer différentes pistes pour en atténuer les impacts sur rentabilité.
En ce sens, Pierre-Jean Leduc a mis en exergue différentes voies que les entreprises pourraient adopter :
- La baisse de la contribution au service public d’électricité (CSPE) ;
- Les achats de gros volumes mutualisés ;
- La mise en place de clauses de révision de prix indexées sur le prix de l’énergie.
Concernant ce dernier point, ce président du Medef Normandie pense aux offres commerciales qui feront l’objet d’une croissance tarifaire auprès des clients. Quant aux achats de gros volumes, des négociations avec EDF sont de mises pour l’accès à un contrat avec des mégawattheures basés sur le tarif ARENH. Pour ce qui est de la CSPE, il a tenu à expliquer que :
Au lieu des 138 euros du MWh toutes taxes annoncées par EDF, cette mesure devrait permettre de limiter la hausse du MWh à 120 euros TTC.