
Afin de combler l’absence d’informations et de données indépendantes concernant le crowdfunding, l’Observatoire Alptis de la protection sociale a commandé une étude intitulée « Le crowdfunding : mutation ou mirage pour l’entrepreneuriat ».
Réalisée par un chercheur associé ANR-CNRS avec la collaboration d’Arnaud Poissonnier, qui a créé le premier site de microcrédit solidaire en ligne en Europe, l’étude apporte un nouvel éclairage sur les avantages et limites du financement participatif.
Forte croissance du crowdfunding
Baptisé « crowdfunding » en 2006, ce mode de financement en plein boom consiste pour une plateforme internet à mettre en relation un porteur de projet en quête de financement et les internautes susceptibles de le soutenir.
Aucun chiffre officiel ne permet réellement d’évaluer l’ampleur du phénomène, mais une chose est certaine : ces dernières années, il a connu une croissance fulgurante, puisque de 5 milliards de dollars en 2011, la collecte totale enregistrée sur les plateformes du monde est passée à 34,4 milliards en 2015. Le prêt aux entreprises est la forme qui a le plus de succès, avec un volume évalué à 6,7 milliards de dollars en 2014.
Les avantages du crowdfunding
Le crowdfunding présente de multiples avantages en permettant aux entrepreneurs, artistes, sportifs, et porteurs de projets divers de trouver des fonds lorsqu’ils sont exclus des circuits classiques.
L’argent levé par ce biais permet parfois de réaliser le projet, ou constitue un premier apport pour demander ensuite l’appui d’une banque ou d’un fonds d’investissement.
Auparavant ennemis, le crowdfunding et la finance traditionnelle se rapprochent, les banques ayant finalement admis que ce nouveau mode peut compléter efficacement leur approche. Des partenariats sont nés, comme celui de Banque Postale et KissKissBankBank ou BNP Paribas et Ulule. D’autres projettent la création de leur propre plateforme.
Les limites du crowdfunding
Pour autant, tout n’est pas rose dans ce domaine. D’une part, l’importante campagne de communication requise pour attirer les investisseurs représente un frein pour certains. De l’autre, la finance participative véhicule une image de l’entrepreneur dynamique qui ose sortir des sentiers battus et qui réussit ; or, cette image ne reflète pas la réalité pour tous les porteurs de projet, nombreux à échouer.
Par ailleurs, les plateformes sont pointées du doigt pour leur manque de contrôle sur les projets présentés, et le manque d’information et d’explication en amont, et l’absence de suivi a posteriori. Les opérations se font donc entièrement aux risques et périls des entrepreneurs et des contributeurs.
Les détracteurs du crowdfunding reprochent enfin aux fondateurs des plateformes de parler d’innovation, de mythe, d’une économie sociale et solidaire quand il s’agit en toute logique d’exploiter son potentiel pour devenir acteur de l’économie et se développer.