voiture SUV

Depuis treize ans, le géant américain de l’industrie automobile voit ses ventes baisser sur le marché européen. Son erreur a été de produire des véhicules monospaces tels que des engins qui n’ont plus la cote dans le Vieux continent. Sans avantage concurrentiel par rapport aux autres marques, la firme pourrait connaître le même sort que General Motors, même si elle vend des modèles de qualité.

Ford espérait pouvoir réaliser des économies d’échelle en produisant les mêmes modèles de voiture aux États-Unis et en Europe. Cette stratégie a coûté chère au groupe qui a dû se conformer aux réglementations en vigueur dans l’Union européenne.

Malheureusement pour le constructeur, cet investissement n’a pas rapporté les résultats escomptés car la population américaine n’a pas été conquise. Il ne peut compenser les pertes en misant sur le marché européen où sa part de marché dégringole, pour s’élever actuellement à 6,4%.

Les monospaces se vendent à peine et certains sont surproduits. Face à cette situation, le leader du SUV décide de vendre ses véhicules Fiesta à perte et de fermer certaines usines de production et d’assemblage. Certains modèles pourront disparaître du marché et de nombreux emplois seront alors menacés.

73 millions de dollars de déficit

Au second trimestre de cette année, le groupe enregistre un déficit opérationnel équivalent à 73 millions de dollars. En effet, le numéro de la compagnie compte constituer une provision de 11 milliards de dollars pour financer sa restructuration.

L’évolution des normes environnementales sur le marché européen, tout comme la sortie du Royaume-Uni du Brexit ont mis le constructeur automobile dans une situation financière particulièrement difficile.

Un catalogue à revoir

Le géant américain pourra cesser de produire certains modèles de voitures comme Galaxy et SMax, sachant que les monospaces ne séduisent plus les clients européens. En est-il de même pour les sociétés de flotte qui équipent les salariés d’entreprise en voiture de fonction ? En tout cas, la firme projette de commercialiser davantage de SUV en Europe, d’ici deux ans.

Plus de 200 000 salariés sont susceptibles d’être congédiés, soit 12% du personnel dans le Vieux continent. Des projets de collaboration avec d’autres sociétés d’automobiles se dessinent mais ils ne permettent pas, à eux seuls, d’améliorer l’image de la marque.

Les usines se ferment et les prix baissent

D’ici un an, la compagnie entend se désinvestir de son site industriel producteur de boîtes de transmission à Blanquefort, dans le département de la Gironde.

L’usine de Ford en Belgique sise à Limbourg, a connu le même sort en 2014. L’année précédente, le site d'assemblage de Southampton, implanté dans le sud de l'Angleterre, avait également fermé ses portes.

Regrettant de ne pas pouvoir vendre ses modèles compacts au prix des grandes marques européennes, la firme s’est sentie obligée de proposer ses Fiesta à des tarifs réduits (25% de remise). À ce rythme, Ford n’est pas prêt d’atteindre la marge de 6% prévue dans quelques années.