voitures sur parking

En 2009, UFC-Que Choisir a alerté le pouvoir public concernant les pratiques jugées plus que douteuses du crédit revolving. Et après plus d’une décennie, l’association revient à la charge en s’attaquant cette fois à un autre type de financement, la LLD où elle a détecté une certaine forme d’abus jouant en défaveur des consommateurs.

UFC-Que Choisir fait appel à la mise en place d’un cadre juridique pour contenir les effets nocifs de la LLD dans le domaine des équipements au quotidien. Tout cela, parce que cette association a enquêté sur ce système et y a découvert une pratique aussi nocive que celle détectée auprès du crédit revolving dans les années 2000 en mettant à mal l’intérêt des consommateurs.

L’organisme a en effet découvert que certains grands magasins ont tendance à exploiter l’absence de législation concernant ce mécanisme de location. Ils en ont même fait un levier pour développer au mieux leur rentabilité qu’au final, c’est la clientèle qui en paye le prix fort, alors que ce dispositif est censé faciliter la vie de cette dernière.

Le coût à la location dépasse de loin le prix à l’achat

Location longue durée ou LLD, c’est dans ce domaine qu’UFC-Que Choisir a dernièrement concentré ses enquêtes en se focalisant principalement sur les équipements du quotidien des ménages comme le micro-ondes, la télévision ou le réfrigérateur.

Il en ressort que le coût à la location dépasse de loin le prix à l’achat, alors que ce mode de financement est sensé aider les petits budgets à disposer d’un bien en toute facilité, grâce à des loyers très réduits. Mais il n’en est rien puisque cette étude a permis de découvrir qu’au final, le montant total dépasse de loin, à 130%, le tarif à l’acquisition en notant que cette option ne permet pas au client de devenir propriétaire.

Pour illustrer, cette association des consommateurs a d’ailleurs pris en exemple la location d’un micro-ondes exposé à la vente pour 316 euros. Une somme qui passe à 1404 euros après quatre ans de location. Soit, quatre fois plus élevé que son coût initial.

Et d’après les auteurs de cette étude, les distributeurs ne se lésinent pas pour trouver une parade dans le but d’élever la facture à travers une série de frais supplémentaires liés à l’état du bien lors de sa restitution. Une situation qui a permis à ces analystes de déduire que :

D’après nos relevés tarifaires, ce sont bien les locations en apparence les plus abordables qui coûtent en réalité le plus cher !

Un encadrement juridique est désormais nécessaire

En alternative au crédit et censée améliorer le quotidien des ménages, la location longue durée semble une solution plutôt viable du fait du niveau très bas de ses loyers, mais comme l’a prouvé UFC-Que Choisir, le montant final s’avère nettement plus élevé que le coût à l’achat. L’association estime d’ailleurs que cette situation représente une menace pour les locataires qui se retrouvent à faire à un endettement excessif.

Ainsi, pour limiter les dégâts, l’organisme a fait appel à la vigilance des consommateurs. Il s’est également adressé au pouvoir public afin de l’inciter à adopter certaines mesures dans le but de mettre un terme à certaines pratiques comme :

  • L’absence d’indication concernant le coût total de la location, le prix en taux et le risque d’un endettement excessif ;
  • La mise en place d’obligations démesurées conduisant les consommateurs à payer des frais supplémentaires lors de la restitution en fonction de l’état du bien.

Tout cela parce que jusqu’ici, la LLD n’est encadrée par aucune législation pour permettre à certains grands magasins d’opérer à leur guise sans se soucier des effets nocifs sur les clients. Ainsi, UFC-Que Choisir estime que l’exécutif devrait :

  • Obliger les distributeurs à fournir des informations précontractuelles standardisées dans le but d’aider les intéressés à mieux choisir les contrats et d’y souscrire en connaissance de cause ;
  • Mettre sur pied un plafonnement tarifaire sur les frais de résiliation et notamment sur le coût total de la location.