
En promouvant l’électrique, les constructeurs et les concessionnaires ont souvent mis en avant les atouts de cette motorisation en milieu urbain. Ce type de véhicule semblait d’ailleurs conçu spécialement pour les grandes agglomérations. Pourtant, les modèles électrifiés sont surtout plébiscités dans les petites villes, les zones périurbaines et les campagnes. Explications.
Une voiture électrique peut être particulièrement rentable à court et à moyen terme en leasing, batterie comprise. Les avantages financiers liés à ce type de formule font partie de ses points forts en ville et se révèlent encore plus intéressants dans les zones non urbaines. Le prix devient ainsi moins rédhibitoire pour les consommateurs.
En janvier dernier, le volume de ventes d’électriques a quadruplé sur le marché français. Les analystes ont toutefois été surpris de la répartition géographique des nouvelles immatriculations. En effet, les plus fortes progressions ont surtout été enregistrées dans les zones rurales, pavillonnaires et périurbaines. Ces dernières dépassent de loin les grandes villes.
Des résultats soutenus par la stratégie des constructeurs
Les spécialistes s’accordent à dire que le marché de l’électrique a enregistré de très bons résultats en janvier 2020. La croissance significative des immatriculations s’explique notamment par le lancement des nouveaux modèles, l’amélioration de l’autonomie des batteries et le déploiement d’aides à l’achat au niveau local. Par exemple, les Bouches-du-Rhône octroient 5 000 euros pour l’acquisition d’un véhicule propre. Cette subvention est cumulable avec le bonus écologique.
D’autre part, certaines concessions mettent une voiture électrique bien en évidence dans leurs locaux depuis peu. De cette manière, les acheteurs potentiels auront la possibilité de l’observer de plus près. Cette technique a aussi contribué à la progression constatée le mois dernier.
Cela dit, la hausse des immatriculations vient également de la stratégie préventive adoptée par certaines marques. Plusieurs constructeurs ont en effet décidé de retarder leur livraison pour les voitures commandées depuis septembre dernier. Ils pourront donc intégrer ces ventes dans leurs résultats 2020 afin d’équilibrer leur bilan carbone surveillé de près par l’Union européenne.
À travers cette démarche, les constructeurs gagnent un peu de marge pour éviter de dépasser le plafond de 95 grammes de CO2 émis au kilomètre pour l’ensemble de leurs produits livrés sur le marché européen. Ils se préservent ainsi des amendes prévues par l’UE.
Enfin, la perte de part de marché des thermiques se révèle également favorable aux modèles électriques. Toutefois, cette situation évoluera en cours d’année selon les professionnels du secteur automobile. Comme l’explique le directeur de la communication du CCFA, François Roudier :
Après le pic de janvier, les immatriculations de véhicules électrifiés devraient baisser progressivement, avant de redécoller dans un second temps, avec le développement de l'offre.
François Roudier.
La Creuse affiche les meilleurs résultats
En janvier dernier, les modèles électriques ont représenté 8,19 % des nouvelles immatriculations dans l’Hexagone. L’Île-de-France a réalisé l'un des résultats les plus mauvais en ce début d’année, en restant en deçà de la moyenne nationale dans l’ensemble de ses villes et de ses départements.
Paris, par exemple, a enregistré 7,51 % d’immatriculations de voitures électriques sur cette période. Pour leur part, les Hauts-de-Seine n’en ont pas comptabilisé plus de 4,27 %. Pourtant, ce département est connu pour son fort pouvoir d’achat.
Pour sa part, la Creuse s’est attribué les meilleurs résultats. Les nouvelles immatriculations de véhicules zéro émission dans ce département se sont élevées à 16,76 %. La Manche, l’Isère et l’Ardèche ont également dépassé la moyenne nationale avec respectivement 14,09 %, 11,83 % et 11,26 % de parts de marché pour ce type de voiture.
Selon les données fournies par AAA Data, les concessionnaires ont vendu plus de modèles électriques dans ces départements que dans le reste de la France. Ces résultats doivent toutefois être relativisés en tenant compte de la densité de la population dans ces zones et des ventes de voitures sur tous les segments.
En tout cas, les chiffres de janvier 2020 confirment une tendance dénotée depuis quelques mois par les fabricants. Selon ces derniers, les voitures dotées d’une batterie électrique sont largement adoptées en dehors des grandes villes. Mathieu Chiara, de l’Avere-France, explique :
Il est beaucoup plus facile de recharger chez soi en installant une prise à domicile. Les ruraux comme les périurbains parcourent plus de kilomètres au quotidien en voiture, rouler en électrique permet de faire des économies.
Mathieu Chiara.