voitures HERTZ

Le 11 mai dernier, la société de location de voitures Hertz a présenté ses résultats du premier trimestre sur le marché américain. Négatif, le bilan dépassait de loin les pires craintes des analystes. Ainsi, la direction s’est donnée une dizaine de jours pour trouver une solution auprès des investisseurs. Le loueur a finalement dû déclarer faillite le 22 mai.

En publiant son bilan trimestriel, Hertz a émis des doutes sur sa capacité à maintenir son activité aux États-Unis jusqu’à l’année prochaine. En effet, son équilibre financier était déjà en péril. L’épidémie de coronavirus n’a fait qu’aggraver la situation. La direction s’est alors retrouvée complètement désemparée.

Pour rappel, le loueur pouvait proposer aussi bien un véhicule particulier qu’une voiture de société. La crise sanitaire a toutefois immobilisé une grande partie de sa flotte, notamment en raison du confinement. Pourtant, le niveau d’utilisation de son parc était déjà à 67 % entre janvier et mars 2020, contre 79 % sur le premier trimestre 2019.

Le loueur n’a eu aucun recours

Hertz n’avait pas pu s’acquitter d’un paiement de près de 400 millions de dollars prévu pour le 5 mai dernier. Il s’agissait des frais de leasing d’une partie de son parc automobile. La société avait néanmoins bénéficié d’un sursis de la part de ses créanciers, avec une nouvelle échéance fixée au 22 mai. Avant cette date, elle aurait également dû négocier avec d’autres prêteurs.

Le groupe aurait notamment pu demander une solution de financement auprès de ses actionnaires pour remédier à cette situation et éviter la faillite. Possédant environ 40 % des titres de la marque, l’homme d’affaires américain Carl Icahn faisait partie des candidats les plus prometteurs pour une augmentation de capital. Toutefois, la dévaluation de l’action, qui a atteint 80 % depuis janvier dernier, a été rédhibitoire pour les investisseurs.

De son côté, le gouvernement fédéral n’est pas intervenu pour aider le loueur centenaire, contrairement à d’autres pays. L’entreprise Europcar, par exemple, a été soutenue par la France et l’Espagne pour surmonter l’impact de la pandémie sur son activité.

La faillite était inévitable

Sur les trois premiers mois de l’année, Hertz a enregistré une perte globale atteignant 357 millions de dollars. Ses résultats du second trimestre ne pouvaient pas être meilleurs, ses services ayant dû être suspendus en raison du confinement. D’ailleurs, ce dispositif sanitaire a été instauré dans plusieurs zones de couverture de l’entreprise. Fin avril 2020, Hertz France évoquait une baisse d’activité de 90 %.

Malgré ce contexte, la société de location de voitures devait encore s’acquitter d’une multitude de charges non négligeables. Son implantation dans les aéroports et les gares générait notamment des frais élevés.

Pour survivre à la crise, le loueur a dû procéder au licenciement d’environ un quart de ses effectifs aux États-Unis et au Canada. Toutefois, la suppression de 10 000 postes en Amérique du Nord ne lui a pas permis de résoudre ses problèmes de trésorerie. Après cette opération, la société avait toujours des difficultés à respecter les échéances de ses créanciers. À ce moment-là, sa dette dépassait les 18 milliards de dollars.