
En 2019, au niveau mondial, la production automobile a baissé considérablement tout comme les ventes en s’acharnant particulièrement sur les constructeurs français. Cependant, force est de constater qu’une partie du système en est exemptée, les équipementiers tricolores qui semblent résister à cette situation quelque peu désavantageuse notamment, grâce à leurs investissements dans le R&D.
La période d’exercice de 2019 a été plutôt décevante pour le marché mondial de l’automobile. Tout simplement parce que les ventes étaient à la baisse en affichant un recul de 5,8%, malgré l’essor du financement véhicule professionnel ou particulier.
Et d’après les constats, les constructeurs tricolores se trouvaient particulièrement touchés si l’on tient compte du fait que pour la toute première fois depuis 2009, le groupe Renault s’est retrouvé dans le rouge.
Une situation qui s’est d’ailleurs poursuivie en janvier 2020 si l’on croit les données de l’ACEA qui ont démontré que les livraisons de la marque au losange ont chuté de 16,3% et que ceux du groupe Peugeot ont reculé de 12,9% pour représenter les pires résultats de l’UE.
Quoi qu’il en soit, ce problème semble ne concerner que ces derniers puisque les équipementiers français ont annoncé d’autres couleurs, celle de la résistance, grâce à l’innovation.
Les équipementiers français épargnés
En 2019, la production automobile dans le monde aurait chuté de 5,8% en s’acharnant principalement sur le marché français à travers la sous-performance des groupes tricolores.
Du moins, en ce qui concerne les constructeurs puisque la situation est toute autre pour les équipementiers qui ont vu leurs résultats annuels témoigner d’une certaine résistance. Ce qui s’est d’ailleurs traduit par le maintien ou l’amortissement des ventes.
Dans ce sens, Faurecia, le spécialiste des systèmes de dépollution et des sièges ainsi que des équipements intérieurs est parvenu à amortir les dégâts à 17,8 milliards d’euros en limitant la chute de ses revenus à 3%.
Pour sa part, Valeo, l’expert en éclairages, en aides à la conduite et en systèmes thermiques et de propulsion est parvenu à stabiliser sa situation à hauteur de 19,2 milliards d’euros.
Quant à Plastic Omnium qui s’est spécialisé dans les pare-chocs, les réservoirs et la dépollution, une croissance de 1,4% lui a permis de collecter 8,5 milliards d’euros.
Ainsi, tout indique qu’en matière de revenus, Faurecia était celui qui avait beaucoup à perdre. Ce qui n’est pourtant pas le cas en ce qui concerne sa marge opérationnelle qui a été maintenue à 7,2% contrairement à celle des deux autres qui a enclenché la marche arrière en passant de :
- 8,4% à 6% pour Plastic Omnium ;
- 5,7% à 4,1% pour Valeo.
Les investissements en R&D comme bouclier
Grâce à ces données, l’on pourrait dire que les équipementiers étaient à l’abri de la chute de la production du marché mondial de l’automobile. Tout cela, parce qu’ils ont eu le meilleur des boucliers, les investissements en R&D (recherche et développement) qui ont commencé à porter leurs fruits.
En ce qui concerne Plastic Omnium par exemple, de couteux efforts dans l’hydrogène et les systèmes de dépollutions lui ont permis de conquérir une dizaine de nouveaux clients.
Pareille situation pour Faurecia qui a vu ses commandes augmentées, grâce à l’électronique et aux logiciels de bord, ainsi que l’électrification des modes de propulsion, qui lui ont coûté une somme colossale d’investissement pour permettre à son directeur général de dire que :
Nous avons réussi à poursuivre la transformation du groupe malgré les conditions de marché.
Valeo aussi n’est pas en reste en consacrant 7,9% de ses revenus en 2019 pour mener à bien ses projets d’innovation concentrés sur les moteurs des voitures électriques qui lui ont d’ailleurs permis de récolter 11 milliards d’euros de commandes. Une situation permettant au groupe de tabler sur un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros pour cette année et de 1,4 milliard deux ans plus tard.