
Comment les sociétés belges voient-elles leur mobilité dans un avenir proche ? L’Arval Mobility Observatory s’est penchée sur la question dans son baromètre annuel. Les résultats tendent vers une hausse probable du parc automobile des entreprises, en dépit de la progression annoncée du télétravail et l’adoption d’alternatives de déplacement plus vertes.
En Belgique, l’avantage fiscal accordé aux voitures d’entreprise thermiques prendra fin en 2026, selon le plan du gouvernement de coalition. À travers ce programme, le plat pays cherche à réduire l’empreinte carbone des automobiles sur son territoire et pousser les sociétés à adopter des solutions de mobilité plus écologiques.
Selon le dernier baromètre d’AMO, les entreprises belges envisagent aussi de grossir leur flotte. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance selon les auteurs de l’étude, dont la démocratisation des packages salariés qui englobent une voiture achetée par l’employeur. Malgré les apparences, la croissance des voitures d’entreprise outre-Quiévrain ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle pour l’environnement.
Des entreprises belges prêtes à passer aux véhicules électriques
D’après le baromètre de l’AMO, les entreprises belges, surtout les PME et les grands groupes, affirment de plus en plus leur volonté d’adopter au moins une voiture de société entièrement électrique. Environ trois-quarts des répondants disent planifier l’achat de voitures électrifiées dans les trois prochaines années. Ce passage au tout électrique prouve que les entrepreneurs accordent plus de confiance à ce mode de propulsion écologique, dont la technologie n’a de cesse de progresser vers la maturité. Le déploiement massif de bornes de recharge sur tout le territoire et l’attrait du cadre fiscal mis en place par le gouvernement jouent également dans la décision des patrons.
Même si les petites sociétés – celles qui emploient entre 1 et 10 salariés – tardent à franchir le cap de l’électrique, cet attentisme ne reflète pas leur réelle intention. Ces petites structures sont aussi sensibles aux vertus écologiques et économiques de la voiture « zéro émission ». Seulement, leur plan d’électrification a été perturbé par la crise du Covid, qui a beaucoup affecté leur trésorerie. Sachant que ces entreprises de taille modeste préfèrent souvent l’achat au leasing, à l’inverse des grandes compagnies, le manque de liquidités les empêche d’avoir une visibilité claire sur leur future acquisition de voitures.
Plus de voitures d’entreprises et moins de kilométrage
L’étude de l’Arval Mobility Observatory a été réalisée auprès de 200 gestionnaires de flotte. Sur l’ensemble des répondants, quatre sociétés sur dix prévoient d’augmenter leur parc automobile. L’expansion probable de leur entreprise et l’attrait fiscal des voitures de société expliqueraient ces prévisions. En parallèle, 73 % des firmes interrogées envisagent de généraliser le télétravail dans les prochaines années. Elles encouragent leurs salariés à travailler au moins 3 jours par semaine depuis leur domicile. Si ces plans se concrétisent, les employés belges conduiront de moins en moins leur véhicule, fourni par l’employeur.
Plusieurs patrons d’entreprise comptent aussi mettre en œuvre des solutions de mobilité alternative, telles que :
- l’autopartage ;
- le transport groupé ;
- les deux-roues électriques.
Et cela diminuera encore plus le kilométrage moyen des voitures d’entreprise. Yves Ceurstemont, responsable de l’AMO, estime donc que la croissance annoncée du parc automobile des entreprises sera compensée par :
- une baisse de la fréquence d’utilisation ;
- l’électrification grandissante de ces voitures.