réflexion reprise d'entreprise

En France, cette année, selon le cabinet Altares, 59 000 entreprises risquent le dépôt de bilan. Toutefois, un repreneur permettrait à certaines de se maintenir ou d’avoir une nouvelle vie. Grands groupes et PME sont nombreux à choisir cette voie pour leur croissance externe. Toutefois, ne peut pas se lancer dans l’aventure qui veut, car elle implique un budget conséquent.

Évaluer minutieusement le potentiel et les charges

En cas de reprise d’une entreprise en difficulté, ses actifs sont cédés à un euro symbolique. Mais d’autres charges attendent le repreneur : le passif social (solde de congés payés des salariés, 13e mois…), les arriérés des fournisseurs, la reconstitution des stocks… Un calcul du besoin en fonds de roulement s’impose en outre.

Par ailleurs, il faut souvent rattraper un retard de compétitivité en investissant dans des équipements et la formation des collaborateurs, sans compter un risque élevé.

Il faut donc au préalable effectuer un audit approfondi (financier, technique, commercial…) pour évaluer le vrai potentiel et les éventuels problèmes cachés de l’entreprise. Cet audit suppose des entretiens avec les dirigeants précédents, les salariés, mais aussi les clients, pour connaître leur perception de l’entreprise et jauger leur fidélité.

Le volet RH est particulièrement important, surtout le passif social. Il faut en effet fédérer les équipes autour du nouveau projet, ou préparer les éventuels départs/remplacements et le coût induit.

Peaufiner l’offre de reprise publique

Pour racheter une entreprise placée en redressement judiciaire, une offre de reprise publique doit être déposée au tribunal de commerce. Il doit en premier lieu montrer la compréhension de l’entreprise et la cohérence du projet de reprise avec sa propre stratégie. Il apporte également une solution au problème identifié, assorti d’un plan de financement.

Le business plan, établi sur trois ans au minimum, montre les détails financiers (CA, investissements prévus, charges d’exploitation, impôts et taxes, etc.), affichés sur le bilan et le compte de résultat.

La liste des éléments repris doit être très précise avec le prix proposé pour chacun, les modalités de paiement, ainsi que les garanties. Le tribunal accorde une grande importance au nombre de postes repris et à la justification de chacun d’entre eux en fonction du projet.

Financer la reprise d’une entreprise en difficulté

Les banques sont très réticentes à financer une telle opération, très mal notée en matière de crédit. Le repreneur doit par conséquent disposer de fonds propres suffisants. Toutefois, avec un business plan réaliste pour une société présentant un bon potentiel, l’obtention d’un prêt est possible, surtout pour un groupe de partenaires ou avec l’appui d’une structure solide.

Pour convaincre la banque, des aides existent. Les régions, tout comme Bpifrance, apportent une garantie à hauteur de 50 % à 70 % du financement, par exemple pour acheter un fonds de commerce.

Avec le contrat de développement transmission de Bpifrance, il peut solliciter un prêt de 40 000 euros à 400 000 euros sans garantie ni caution personnelle ; il est systématiquement adossé à un crédit bancaire remboursable sur 5 ans au moins.

Le Réseau Entreprendre et Initiative France octroient pour leur part des prêts d’honneur pour investir en matériel, financer le BFR ou négocier des lignes de crédits auprès du banquier. Des aides à la reprise de personnel aussi sont possibles.

Enfin, plusieurs dispositifs fiscaux sont destinés à inciter la reprise d’entreprises en difficulté : baisse d’IR ou d’ISF en cas d’entrée au capital d’une PME, exonération de CFE pendant 2 ans sous conditions.