un entrepreneur enrhumé

Dans le secteur entrepreneurial français, les PME figurent en tête de liste des structures les plus fragiles qu’en cas de difficultés, elles sont les premières à en pâtir le plus. Une situation à laquelle elles sont actuellement confrontées avec l’entrée en scène du coronavirus qui se manifeste auprès d’elles à travers différents symptômes.

Actionnaire d’une trentaine de PME et d’ETI, Benjamin Arm est bien placé pour savoir que les grands groupes sont mieux armés que les petites structures face aux attaques du coronavirus.

Cet expert a même fait valoir que cette épidémie est en train de s’acharner sur les petites et moyennes entreprises en pointant du doigt les différents symptômes menaçant l’état de santé de ces dernières qui sont financièrement plus fragiles que les ETI pour résister.

Dans ce sens, ce spécialiste a énuméré les principaux défis qu’elles se doivent de relever en faisant allusion aux annulations des contrats, à la rupture d’approvisionnement ou aux soucis logistiques sans parler du fait que la continuité de leurs activités doit être assurée si elles veulent survivre, malgré leur fragilité.

Les PME sont plus vulnérables

Financièrement fragiles, les PME sont plus vulnérables face à la montée en force du coronavirus qui les attaques de tous les côtés pour les affaiblir au point de les empêcher de répondre à leur besoin de trésorerie le plus basique. C’est du moins, ce qu’a fait valoir Benjamin Arm qui a fait valoir que :

Un grand groupe peut se permettre de traverser une crise de plusieurs mois. La pression sur la trésorerie d’une PME est plus compliquée à gérer.

Benjamin Arm.

Une situation risque de se détériorer davantage si l’on croit un opérateur parisien dans le secteur des services qui n’a pas hésité à montrer ses inquiétudes en s’exprimant en ces termes :

Si l’épidémie se prolonge au-delà de la mi-avril, ça va devenir très compliqué.

Benjamin Arm.

Et il faut dire qu’il y a de quoi s’inquiéter puisque le secteur est actuellement attaqué de tous les côtés. En matière d’approvisionnement par exemple, Benjamin Arm a démontré que la paralysie des usines chinoises n’a pas manqué d’impacter négativement les entrepreneurs français qui doivent désormais surmonter une vague de pénurie de produits.

Et comme si cela ne suffisait pas, le refus d’entrer en contact des clients avec les livreurs n’est pas pour arranger les choses pour mettre les industriels et les commerçants dans l’embarras pour fournir leur clientèle. À Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises d’en illustrer les répercussions :

Nous avons le cas de petits sous-traitants qui n’arrivant pas à se fournir en pièces et à honorer une commande se voient infliger par les industriels des pénalités. Ou des organisateurs d’événements qui annulent une prestation sans rien régler au fournisseur. Nous avons également encore plus de sollicitations sur les retards de paiement.

S’ajoutant à cela, l’on peut aussi énumérer d’autres éléments comme :

  •  L’annulation des commandes et des contrats ;
  •  La baisse des ventes ;
  •  Le taux élevé d’absentéisme du personnel.

Soit autant de facteurs fragilisant davantage les entrepreneurs qui voient leur chiffre d’affaires chuter d’une manière drastique pour atteindre la barre des 90% auprès des acteurs du spectacle, du commerce de détail, de l’événementiel ou encore du transport. Une tendance conduisant certains observateurs à dire que les plus faibles de ces derniers sont voués à disparaître rapidement.

Les PME se doivent de rester à flot

En dehors de ces facteurs lestant leur développement, les PME se doivent aussi de rester à flot pour ne pas sombrer et disparaitre. Après tout, ces dernières n’ont pas trop le choix puisqu’elles doivent trouver des solutions pour atténuer les effets nocifs de ces difficultés sur leurs activités.

Dans ce sens, l’on constate que l’actualisation des plans de continuité est au cœur des préoccupations même si chaque structure s’y prend à travers différentes stratégies comme la suspension des embauches, la baisse des investissements ou la récupération des impayés.

Pour d’autres, la réorganisation interne aussi est une solution en accordant l’avantage au télétravail pour éviter les risques de contamination et les lacunes liés au taux d’absentéisme élevé des salariés. À un expert-comptable parisien d’ajouter :

Un de mes gros clients m’a demandé mon plan de continuité d’activité, j’ai dû racheter des ordinateurs portables, doper les liaisons VPN et faire des essais pour le rassurer sur la capacité de mes équipes à faire du télétravail.

Aussi, il faut préciser que le Bercy s’est engagé à les soutenir dans l’accomplissement de cette tâche en faisant valoir dans une note que :

Pour soulager un peu la trésorerie, des reports de charges salariales ou fiscales peuvent être obtenus, et les demandes d’activité partielle sont décrochables sous 48 heures, contre 15 jours habituellement.

À noter que le gouvernement a mis sur pied une ligne téléphonique spéciale pour permettre aux entrepreneurs d’accéder à ce genre d’appui au plus vite et dans les meilleures conditions.