clients en aéroport

Avec le tourisme, le secteur aérien fait partie des industries les plus touchées par les répercussions de la crise au printemps. Soutenues par d’importantes aides gouvernementales, les compagnies aériennes se retrouvent encore menacées de faillite. Le président de l’IATA tire ainsi sur la sonnette d’alarme et souligne l’importance d’une nouvelle mobilisation générale.

Au printemps, la fermeture des frontières de dizaines de pays a provoqué un effondrement net des voyages touristiques. Ce choc n’a pas épargné les compagnies aériennes, obligées de clouer au sol la quasi-totalité de leur flotte. Même si les déplacements ont repris progressivement leur cours normal durant l’été, aucun redémarrage définitif n’est encore en vue.

Pire, la résurgence de la pandémie plonge à nouveau le secteur aérien dans de violentes turbulences qui risquent d’être fatales pour certains groupes.

Les pertes financières de 2020 s’annoncent plus graves que prévu et l’éventualité d’une faillite se précise pour certains opérateurs au fur et à mesure que la crise sanitaire se prolonge.

Des entreprises prêtes à se réorganiser pour se relancer

Le redécollage de l’activité aérienne mondiale n’est pas pour demain. Le virus reste actif dans plusieurs pays et régions du globe, ce qui restreint fortement les déplacements et bride en conséquence les possibilités d’actions des compagnies. Ces dernières continuent dès lors de creuser leurs pertes et leur besoin de trésorerie grimpe en flèche au fil des mois.

Après une estimation initiale de 87 milliards de dollars, l’organisation s’attend désormais à un déficit de l’ordre de 100 milliards de dollars pour l’ensemble du transport aérien cette année.

Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA ou association internationale du transport aérien, qualifie la situation actuelle de plus grave crise de l’histoire du secteur de l’aviation civile. Pour se relever d’un tel crash, des experts avancent l’idée d’une consolidation des compagnies aériennes.

Cette solution a peu de chance d’aboutir selon le patron de l’IATA, vu l’état inquiétant des finances des entreprises capables d’un tel regroupement. D’après lui, l’alternative la plus viable pour les compagnies en difficulté serait de réduire la voilure, en :

  • se séparant d’une grande partie de leur flotte ;
  • supprimant certaines liaisons.

Ces réorganisations sont plus que nécessaires : la survie d’une quarantaine d’entreprises en dépend.

Un appel d’urgence auprès des gouvernements

Des 290 compagnies aériennes membres de l’IATA, la grande majorité souffre d’un tarissement de leurs réserves de cash dû à l’arrêt brusque de l’activité internationale. Alexandre de Juniac estime que ces entreprises auront besoin de 70 à 80 milliards de dollars d’aides dans les prochains mois.

Sans ces sauvetages financiers des gouvernements mondiaux, plusieurs entreprises épuiseront leurs trésoreries et devront se résoudre à envisager des solutions radicales.

Comme au printemps, où l’industrie aérienne avait reçu une enveloppe de 160 milliards de dollars, la nouvelle intervention étatique pourrait prendre plusieurs formes, entre les :

  • prêts à taux préférentiel ;
  • subventions ;
  • mesures de soutien à l’emploi ;
  • aménagements fiscaux ;
  • aides directes.

L’IATA espère simplement que les pouvoirs publics et les acteurs du transport aérien trouvent rapidement une solution avant que les compagnies déjà en mode survie ne se crashent définitivement.