
La crise du Covid-19 a conduit la quasi-totalité des entreprises à ralentir leurs activités pendant plusieurs mois. La baisse de revenus et la chute du cash flow qui s’ensuivent entraînent un autre problème : l’augmentation des retards dans le paiement des factures BtoB. Cette situation risque de perdurer encore quelque temps, les perspectives à moyen terme étant peu reluisantes.
Frappées par la fermeture administrative de deux mois pendant le premier confinement, les entreprises se sont retrouvées en manque de cash au fur et à mesure que la crise se prolonge. Malgré le léger répit estival, les besoins de liquidités se font toujours ressentir, comme le prouve une étude de KPMG sur la période de janvier à octobre.
Dans ce rapport, le cabinet d’études associe les problèmes de trésorerie des sociétés à l’augmentation du retard moyen dans les paiements des factures entre entreprises. L’espoir d’une amélioration immédiate en 2021, à la suite d’une reprise encore incertaine, est plutôt mince, connaissant les charges auxquelles plusieurs sociétés devront faire face.
Des difficultés de paiement qui se poursuivront en 2021
Selon les derniers chiffres de Santé publique France, la situation sanitaire semble se stabiliser, voire s’améliorer depuis quelques jours avec un recul du nombre d’hospitalisés (-2,26 % à 27 013 patients au 2 décembre), une forte diminution des personnes en réanimation (-100 % à 3 488) et un retour du taux de positivité à 10,8 %.
Ces signes d’éclaircie sur le front sanitaire laissent entrevoir une reprise économique tant attendue par les entreprises, dont le besoin de trésorerie s’est accentué à cause de la baisse d’activité et du ralentissement du flux de liquidités qui s’en est suivi.
Ces perspectives d’embellie constituent normalement une bonne nouvelle pour les entreprises souffrant de retards de paiement. Charles Durand, analyste chez KPMG, n’est pas vraiment de cet avis.
Selon lui, les débiteurs en retard seront encore nombreux en 2021, année où plusieurs établissements devront rembourser les PGE et régler le report de charges fiscales et sociales accordé par l’État au printemps dernier. Le redémarrage de leurs activités rajoutera d’ailleurs plus de tensions sur leur BFR, un point sur lequel les dirigeants ne transigeront pas pour assurer la relance de leur entreprise.
Les délais de paiement des factures BtoB s’allongent
En attendant cette hypothétique reprise, KPMG met l’accent sur la situation de trésorerie compliquée des opérateurs économiques. Entre le 15 mai et le 30 octobre, les factures en souffrance chez les débiteurs représentent 29 % des 33 millions de bordereaux étudiés par le cabinet.
Cette part est montée à 33 % au plus fort du confinement, contre 19 % entre janvier et mi-mars. En moyenne, les retards de paiement s’établissaient à 14,5 jours fin septembre, soit 3,5 jours au-dessus du niveau observé entre 2017 et 2019.
Ces délais de paiement allongés pèsent évidemment sur la trésorerie des entreprises. Pour compenser, ces dernières se tournent vers le PGE, un financement à taux aidé, au lieu d’essayer de récupérer du cash en réduisant les délais de règlement. Cette tendance est possiblement liée au caractère inédit de la crise, obligeant les décideurs à se focaliser sur l’application des protocoles sanitaires et l’adaptation de leur activité aux exigences du contexte actuel.