
À Agen, l’école de pilotage Airways College se trouve au centre de graves turbulences, après la prononciation de sa liquidation judiciaire. Outre la situation peu confortable des salariés, le cas des élèves, dont beaucoup ont emprunté pour financer leurs études, interpelle. Ces derniers ont demandé l’intervention du ministère des Transports.
Les cours de pilotage dans les établissements privés sont réputés très chers. Ceux qui suivent ces formations ont souvent recours à des prêts bancaires ou à l’aide financière des proches et de la famille. Le moindre évènement imprévu, à l’exemple d’une interruption du cursus ou une crise, expose les candidats à une galère certaine.
Les élèves de l’école privée Airways College, à Agen, ont en fait l’amère expérience, après le dépôt de bilan de l’établissement. Face aux incertitudes qui pèsent sur le remboursement de leurs frais de scolarité et menacés de faillite personnelle, les étudiants ont fait appel à l’arbitrage du ministère des Transports.
Une gestion douteuse des membres de la direction
Plombée par une dette colossale de 17 millions d’euros et dans l’incapacité de subvenir à son besoin de trésorerie, l’école Airways College a été placée en liquidation judiciaire fin avril. Cette défaillance a surpris les élèves et les salariés, à qui le président de l’établissement Jérôme Binachon avait annoncé le placement de l’entreprise entre les mains du tribunal. Introuvable depuis le 19 avril, le directeur a livré les salariés à leur sort. Ces derniers se sont regroupés au sein d’un collectif, dont l’objectif consiste à trouver rapidement des mécènes prêts à fournir des aéronefs et des simulateurs à l’établissement pour permettre aux étudiants de terminer leur formation.
Sans vouloir attaquer l’école, certains membres du collectif s’interrogent sur la gestion inquiétante de l’établissement depuis quelques années. Des salariés rapportent un changement subit du train de vie de certains membres de la direction, entre les vacances familiales camouflées en déplacement professionnel et les véhicules de fonction remplacés par des modèles luxueux. Dans le même temps, sous l’ombre d’une faillite personnelle, ils craignent de devoir hypothéquer leur maison en cas de dénouement en leur défaveur.
Des élèves endettés en appellent à l’aide de l’État
Outre la situation catastrophique des employés, le cas des 217 étudiants d’Airways College est aussi critique. Plusieurs d’entre eux ont emprunté beaucoup d’argent afin de payer les frais de scolarité, de 75 000 euros à 115 000 euros selon le cursus. Sur cet ensemble, 138 élèves se sont regroupés autour d’un collectif qui a envoyé une lettre ouverte à Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports.
Ils se disent menacés d’une banqueroute « personnelle », en raison de la faible probabilité de récupérer leur argent et l’impossibilité de trouver rapidement un emploi dans le transport aérien.
Ils sollicitent l’aide de l’État pour trouver des solutions d’urgence sur la question de leurs emprunts et sur le cas de l’école privée d’Agen, qui possède trois autres antennes à Melun, Nîmes et Cholet. En attendant, le tribunal qui a prononcé la liquidation judiciaire a mandaté un expert pour enquêter sur les raisons de l’endettement – 17 M€ pour un chiffre d’affaires de 5 M€ – ayant conduit à la faillite d’Airways College et à la détresse des salariés et des élèves pilotes.