
Dans un élan sans précédent pour aider l’économie nationale, le gouvernement français a débloqué au printemps 2020 une aide massive destinée aux entreprises dont l’activité a été plombée par le Covid-19. Les micro-entreprises ont aussi bénéficié de ce soutien. Elles estiment toutefois que l’État doit faire davantage pour les sauver d’une faillite probable.
À l’instar des grandes et moyennes entreprises, les micro-entreprises ont vu leur activité chuter depuis un peu plus d’un an. Ce ralentissement global a même été ponctué de quelques arrêts nets durant les confinements, pour ceux qui travaillent dans un secteur d’activité jugé « non essentiel ».
À la différence des grandes compagnies, les micro-entreprises disposent rarement d’une assise financière solide pour traverser ces périodes creuses. La crise sanitaire les affecte donc particulièrement, malgré le fonds de solidarité mis en place par l’État. Dans le rouge, même avec la reprise qui arrive, les micro-entrepreneurs souhaitent plus de considération de la part du gouvernement.
Un plan dédié aux micro-entreprises promis par l’État
Les appels de détresse des micro-entrepreneurs ne datent pas d’hier. Ces acteurs économiques ont réclamé dès le début des dispositifs spéciaux, tels que des aides ou des subventions leur permettant de subvenir à leur besoin de trésorerie pendant la crise sanitaire. Près de dix-huit mois après le début de l’épidémie en France, leur situation reste critique.
Selon François Hurel, président de l’Union des auto-entrepreneurs, les problèmes financiers de cette population méritent d’être étudiés au plus haut sommet de l’État, d’autant plus que le nombre de micro-entreprises n’a eu de cesse de gonfler sous l’effet de la crise. En un an, la France compte 800 000 nouvelles micro-entreprises, portant leur total à 2,4 millions, dont 35 % voient cette activité comme principale source de revenus.
D’autre part, le président de l’UAE estime que ce chiffre continuera de grimper cette année, jusqu’à atteindre 3 millions de personnes. Pour soutenir ces acteurs vulnérables, François Hurel suggère au gouvernement de lancer des dispositifs exceptionnels, tels que :
- La suspension de toute action de recouvrement des créanciers ;
- Une aide mensuelle de 500 à 600 euros pendant six mois.
Le président de l’UAE estime que les micro-entrepreneurs méritent au moins 1 % des 100 milliards d’euros du budget consacré à la relance économique. Ces recommandations vont-elles trouver une oreille attentive au sein du gouvernement, qui planche actuellement sur une réforme de la protection des indépendants ? Il faudra attendre la fin du mois et la présentation de ce plan pour avoir les réponses.
Des micro-entrepreneurs dans le dur avec la crise sanitaire
En attendant une éventuelle aide gouvernementale, la situation de millions d’indépendants reste précaire. Privés de leur principale source de revenus pendant les confinements, beaucoup de micro-entrepreneurs ont dû piocher dans leurs réserves, déjà minces. Certains ont entrepris les démarches pour obtenir les 1 500 euros du fonds de solidarité, avec succès.
Globalement, ce dispositif n’a pas vraiment séduit les micro-entreprises, au même titre que le report et la réduction des cotisations sociales. Même depuis la reprise, les micro-entreprises peinent à retrouver un niveau d’activité « normal ». En moyenne, celles qui ont survécu à la crise ont vu leur revenu chuter de 60 %, une baisse d’activité aggravée par un niveau d’endettement élevé.