chantier de travaux

Le secteur industriel français a commencé à montrer des failles depuis quelques années, mais la crise sanitaire les a révélées au grand jour. Face aux vulnérabilités devenues manifestes du model actuel, l’État et les patrons d’industrie cherchent à changer leur fusil d’épaule et développer une économie de production conforme aux exigences de la société de demain.

L’épidémie de Covid-19 s’est révélée bien plus dévastatrice que tous les économistes et experts sanitaires ont prévu fin 2019. Sur le plan sanitaire, la sortie de crise commence à peine à se profiler à l’horizon, même si le doute plane encore sur une éventuelle résurgence des contaminations. Sur le plan économique, la pandémie a paralysé un pan entier du tissu productif mondial, une situation qui affecte particulièrement la France. Cette crise a ouvert les yeux des décideurs politiques et économiques sur l’urgence de remodeler le secteur industriel français, pour qu’il revienne à son meilleur niveau et retrouve sa compétitivité après la reprise de l’économie mondiale.

Réformer l’industrie agroalimentaire et la biotechnologie

L’agriculture française souffre depuis quelques années d’une incapacité structurelle à subvenir aux besoins du pays. La conséquence est immédiate : les importations de denrées alimentaires n’ont de cesse d’augmenter, dépassant même les volumes exportés. Au-delà d’un problème de besoin de trésorerie ou d’un manque de productivité, c’est le modèle de l’industrie agricole lui-même qui n’est plus en phase avec la réalité du marché.

Pour contourner cet obstacle, l’État et ses partenaires travaillent sur des alternatives permettant à l’agriculture française de répondre aux besoins quantitatifs et qualitatifs de la population. Les pistes les plus sérieuses à l’étude portent actuellement sur la filière bio et sur les protéines végétales. L’exemple de Roquette, un géant de l’agro-industrie situé dans le Nord, montre la voie aux acteurs de la filière agricole. La crise sanitaire a aussi exposé les faiblesses de l’industrie biotechnologique de la France, seul pays du Conseil de sécurité de l’ONU à avoir échoué dans sa recherche de vaccin contre le Covid-19.

Pour laver cet affront, l’État a d’ores et déjà annoncé la mise en œuvre d’un plan d’investissement doté d’une enveloppe de 7 milliards d’euros. La consigne des dirigeants se veut claire : faire de la France le leader européen des biothérapies de demain. Mais, pour y parvenir, le pays devra transformer toute l’organisation et l’encadrement des laboratoires de recherche privés et publics.

Priorité aux travaux sur les énergies renouvelables

Pleinement engagée sur le chemin de la transition énergétique, l’Hexagone voit d’un bon œil le succès des voitures hybrides et 100 % électriques sur son territoire. Seul problème, l’offre de véhicules « zéro émission » made in France peine à suivre la cadence, la faute à une lente déconstruction du tissu productif local depuis plus d’une décennie. Les pouvoirs publics comptent réparer ces torts, en soutenant l’implantation d’usines de batteries et de sites d’assemblage d’automobiles électriques sur le sol français.

Une reconversion express des grosses usines de moteurs essence et diesel en Normandie et en Pas-de-Calais est envisagée. Mobilité toujours, le gouvernement français mise beaucoup sur l’hydrogène, dont les applications sont aussi variées qu’ambitieuses. Outre les voitures et les deux-roues, ce combustible pourra alimenter les bateaux et même les avions… et l’industrie lourde.

Le plus grand défi consiste actuellement à développer un processus de production d’hydrogène décarboné. L’État a promis 7 milliards d’euros sur 10 ans pour résoudre ce problème. En attendant, les acteurs du transport poursuivent leur test grandeur nature sur les flottes de bus, d’utilitaires et de voitures de transport de marchandises roulant à l’hydrogène.