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La santé financière des entreprises et des ménages est assez solide pour faire face à l’inflation engendrée par les problèmes d’approvisionnement engendrés par la crise sanitaire. C’est du moins, le point de vue de l’économiste Denis Ferrand mettant en exergue les différents éléments lui permettant d’arriver à une conclusion aussi encourageante.

Avec les fermetures de frontières et les restrictions de déplacement, la crise sanitaire a eu pour conséquence d’engendrer des problèmes d’approvisionnement pour les professionnels de l’industrie manufacturière pénalisés par la pénurie de certaines matières premières comme le bois, les métaux, l’azote ou les polymères.

Résultats, le prix de ces produits a connu une croissance significative depuis quelques mois et n’ont pas manqué de se répercuter sur les coûts à la consommation. Une situation qui aurait tendance à s’estomper selon Denis Ferrand écartant l’éventualité d’une inflation structurelle en précisant que d’ici là, les entreprises et les ménages auront de quoi y faire face.

Les entreprises ont de quoi résister

Selon Denis Ferrand, les entreprises ont de quoi résister à la hausse de prix des matières premières en faisant valoir que :

Aujourd’hui, les entreprises ne sont pas tellement menacées par ce choc, pour plusieurs raisons.

Denis Ferrand

À commencer par le fait que cette situation n’est que passagère selon cet économiste expliquant sa vision en s’exprimant en ces termes :

C’est vraiment une question de disponibilité avant d’être un problème de prix. Or on peut imaginer que ces difficultés vont progressivement se résoudre, à mesure que les capacités d’offre et de demande entreront à nouveau en résonance.

Denis Ferrand

Et d’ajouter que pour satisfaire le besoin de trésorerie supplémentaire engendré par cette croissance tarifaire, ces industriels peuvent compter sur la bonne tenue de leur situation financière en faisant remarquer que :

Ils ont accumulé ces derniers mois un matelas de cash assez important au gré des dispositifs d’aides, des prêts garantis par l’État. Beaucoup ont contracté ces prêts par confort.

Pour étayer ces dires, cet expert s’est référé à un rapport de l’Association française des trésoriers d’entreprise et de Rexecode démontrant qu’en juillet, le niveau de liquidité des entreprises a atteint un niveau record.

Les ménages aussi

En empruntant les données de l’Insee, Denis Ferrand a fait savoir que l’accroissement des prix des matières premières a bien fait de se répercuter sur le coût des produits manufacturés affichant la plus forte croissance jamais enregistrée depuis 2012 selon cet organisme détectant une augmentation mensuelle de 0,9% en juin dernier. Mais là encore, cet analyste demeure confiant en précisant que :

Les particuliers ont constitué une épargne importante, ils peuvent donc supporter une hausse de prix temporaire.

Et d’ajouter :

En France, le PIB a reculé de 8% l’an passé, mais le pouvoir d’achat a progressé de 0,5%. Alors qu’en général les trésoreries se dégradent pendant les récessions, là elles n’ont jamais été aussi bonnes, aussi bien pour les entreprises que pour les ménages.

De quoi calmer les inquiétudes selon cet expert ajoutant un autre facteur qui devrait jouer en la faveur des ménages en attirant l’attention sur le fait que :

Certaines entreprises vont aussi se dire que c’est le moment idoine pour prendre des parts de marché par rapport à ceux qui n’ont d’autres choix que d’augmenter leurs tarifs.