
En matière de rachat d’entreprise, l’accès au crédit ne constitue nullement un obstacle. C’est-ce que révèle les résultats d’une étude menée par l’Observatoire du financement des entreprises. Le problème repose plutôt dans la formation des repreneurs. Ceux-ci ont en effet tendance à sous-estimer la complexité administrative d’une telle opération.
Difficulté dans le montage des dossiers
D’après Fabrice Pesin, médiateur du crédit et président de l’Observatoire du financement des entreprises, les travaux publiés ne laissent paraître aucune difficulté en ce qui concerne l’accès au crédit professionnel.
Les principaux obstacles concernent plutôt les cédants et les repreneurs. De nombreux repreneurs n’ont pas conscience de la complexité du montage d’un dossier de financement, entrainant des retards dans les transactions, voire l’échec de l’opération.
Deuxième constat : les banques rechignent à supporter seules les risques. La tendance est au cofinancement des projets, et ce, même pour des transactions ne dépassant pas les 500 000 euros. Aussi, les garanties exigées sont lourdes. Le nantissement sur les titres étant beaucoup moins sollicité.
Enfin, du côté des cédants, le problème se situe au niveau de la détermination du prix de cession. Beaucoup de dirigeants, en particulier ceux administrant des petites structures, ne prennent pas la peine de se faire accompagner, et ont tendance à en demander plus qu’il ne fallait…
Nécessité d’une coordination des acteurs
Pour Fabrice Pesin, les cédants et les acquéreurs ont besoin d’un véritable accompagnement en ce qui concerne la fixation du coût de cession et pour le montage de dossier de financement.
Il en va de même pour les différents acteurs amenés à intervenir dans les transactions (experts-comptables, avocats, notaires, fonds régionaux…). Pour ce faire, un important travail de coordination est requis.
En ce qui concerne les garanties demandées par les établissements de crédit, le président de l’Observatoire préconise la mobilisation du Fonds européen d’investissement, qui jusqu’ici est encore mal exploité en raison notamment des complexités administratives.