
Une décennie après son lancement, la médiation du crédit aux entreprises effectue un bilan de ses réalisations. Chapeauté par la Banque de France, cet organisme a pour mission d’accompagner les entreprises qui se retrouvent dans une situation conflictuelle avec leurs bailleurs ou les établissements financiers. La médiation rapporte une baisse continue du nombre de saisines.
Un recul du nombre de saisines
Depuis sa création, plus de 23 000 entreprises ont pu continuer d’exercer leurs métiers grâce aux interventions de la médiation du crédit, et 415 000 emplois ont été sauvegardés. L’année dernière, près de 2 000 entreprises ont saisi la médiation pour les aider à surmonter des problèmes liés à un crédit professionnel ou à une assurance de prêt.
D’après les chiffres officiels, le nombre de recours à cet organisme a enregistré un repli de 13 % par rapport à l’année 2017. Selon toujours cette institution, ce recul s’explique par l’abondance de l’offre de prêt et l’allègement des conditions d’emprunt.
Par ailleurs, ces dernières années, les entreprises ont vu leurs finances s’améliorer. Preuve que l’économie se porte bien et que la distribution des crédits répond aux attentes des professionnels.
Une forte représentation des TPE
En revanche, ce rapport d’activité fait état d’une hausse alarmante des demandes de médiation émanant des TPE. En effet, 81 % des dossiers en cours concernent des entreprises de moins de 10 salariés. Les difficultés sont essentiellement liées à des problèmes de financement de trésorerie ou de découverts. Les montants en cause sont toutefois inférieurs à 50 000 euros dans 60 % des cas.
Selon la médiation du crédit, cette forte représentation des TPE s’explique par la fragilité financière et la difficulté d’accès au crédit pour ce type de structure. C’est pourquoi l’institution intervient en tant qu’intermédiaire entre l’entreprise en difficulté et ses créanciers, dès lors qu’elle est convaincue de la viabilité d’une entreprise.
L’échec d’une démarche s’explique le plus souvent par une saisine trop tardive de l’institution. D’autant plus que les affaires présentées au médiateur sont généralement complexes. Il arrive aussi qu’après sélection, des dossiers soient écartés de la procédure, car leur situation est jugée sans issue.
En effet, la médiation ne peut contraindre un établissement financier à accorder un crédit à une entreprise insolvable. À noter qu’entre 2017 et 2018, 66 % des affaires portées à la médiation ont été traités.