
Dans l’imaginaire collectif, la baisse du trafic sur route pendant la première vague de Covid-19 devait entraîner un amoindrissement du danger lié à la circulation. Pourtant, le risque routier est bien présent selon une étude de la mutuelle MMA. Il est d’autant plus inquiétant à cause du manque de prévention et de méconnaissance des responsabilités au sein des dirigeants d’entreprise.
Au printemps, l’effondrement du trafic sur les routes était manifeste dès les premiers jours de confinement. Selon la logique des employés et des dirigeants salariés, ce changement radical les exposait à moins de risque d’accident durant leurs déplacements professionnels. Les chiffres révélés par la MMA démontrent le contraire.
La mutuelle du Mans met l’accent sur la persistance des comportements dangereux au volant durant la crise sanitaire. Elle attire également l’attention sur la sous-évaluation du risque routier par les PME et TPE, lesquelles sont rarement au fait de leurs responsabilités en cas d’accident.
Même si des mesures préventives existent dans la plupart des entreprises, des carences en matière de sensibilisation des collaborateurs restent à combler.
Des actions de prévention à renforcer auprès des entreprises
Même si l’assurance professionnelle couvre les déplacements liés au travail, les entreprises ont toujours l’obligation d’organiser des actions de prévention afin de réduire les accidents routiers impliquant leurs collaborateurs.
Depuis 2016, les opérations de sensibilisation portant sur des aspects minoritaires des voyages professionnels étaient relativement présentes.
ImportantUne étude de la mutuelle MMA montre néanmoins une légère amélioration sur ce flanc en 2020, notamment sur la mise en place du droit à la déconnexion pendant les trajets.
Presque la moitié des sociétés interrogées (47 %) disent l’avoir instauré actuellement.
Toujours selon le rapport de la MMA,
Important51 % des dirigeants ont pris des mesures visant à réduire les déplacements professionnels des salariés pendant la crise sanitaire.
Les autres dispositions de sécurité concernent :
- le contrôle de validité des permis de conduire (78 %) ;
- la vérification technique des voitures en circulation (80 %).
L’étude pointe toutefois des lacunes évidentes, en particulier au sein des TPE et PME dont 79 % n’ont mené aucune action de prévention.
Augmentation des comportements dangereux au volant
La MMA s’alarme également du manque d’informations des dirigeants d’entreprise concernant leurs droits et leurs obligations vis-à-vis des trajets professionnels de leurs salariés.
Seuls 36 % d’entre eux sont conscients de leur responsabilité pendant les déplacements allant du domicile au lieu de travail, contre 59 % pour les trajets professionnels. L’absence du risque routier dans le Document Unique de 66 % des entreprises est révélatrice de ce manque d’implication dans la lutte contre les accidents.
Autre donnée marquante : 78 % des dirigeants ignorent la place des accidents routiers comme première cause de mortalité chez les entreprises. Cela explique sans doute l’absence de plan de prévention chez la majorité des TPE et PME. Ces défaillances ne seraient pas étrangères à l’explosion des excès de vitesse et des comportements dangereux sur les routes pendant le confinement de printemps.