
Au Cameroun, différents observateurs s’accordent à dire que le tissu économique du pays est en proie à un problème majeur, l’absence de financement. Entendons par là, les TPME qui disparaissent aussi vite qu’elles sont nées à cause de la frilosité des banques à accorder leur confiance à ces dernières en matière de prêts bancaires.
Difficulté d’accès au crédit professionnel, il s’agit là de la raison principale citée par la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) comme étant à la source du taux de mortalité relativement élevé des TPME enregistré au Cameroun, alors qu’il s’agit là de la fibre économique du pays.
Une manière pour la Beac de faire savoir que pour tenter de survivre, les structures entrepreneuriales camerounaises se doivent de faire face à un défi permanent, la recherche de financement.
Une situation qui intervient, alors qu’en matière de création d’entreprises, le Cameroun peut se targuer de figurer dans la liste des nations à enregistrer une belle prouesse au niveau mondial en se plaçant à la 92ème position.
Les banques ont mis un frein aux offres de crédits
Septembre 2020 fut le mois choisi par la Beac pour publier son rapport concernant l’évolution du crédit professionnel au Cameroun pour la période d’exercice de 2019. L’occasion qui a permis à l’institution de démontrer que la tendance était à la baisse en matière d’octroi pour les TPME une fois comparée à la saison précédente.
Avec des données chiffrées à l’appui, la Banque des États a ainsi fait savoir que 70 % des prêts accordés étaient destinés aux grandes entreprises pour ne laisser que 13,70 % aux TPME qui ont vu leur part chuter de 32,5 % par rapport en 2018.
Soit, à un niveau relativement bas qui, selon la Beac, démontre la frilosité évidente des établissements bancaires à accorder leur confiance à ces dernières. Un comportement qui s’est également manifesté à travers la croissance significative des taux d’intérêt progressant respectivement de 10,8 % et de 11,41 % au premier et au second semestre de 2019 représentant une hausse moyenne de 62 points de base qui a bien fait de décourager les emprunteurs les plus téméraires.
Les conséquences sont désastreuses
Conscient de cette frilosité avérée des banques, un chef d’entreprise s’est accordé à dire que :
Le bilan d’ouverture des entreprises est fortement déséquilibré à cause de la faiblesse des fonds propres. Ce déficit initial des capitaux permanents, s’il n’entraîne pas rapidement la faillite des PME, aura une conséquence négative sur le long de la vie de l’entreprise. Ainsi, par la suite, les tensions financières seront aggravées au niveau du cycle d’exploitation.
Une manière pour cet entrepreneur d’annoncer que les conséquences de cette réticence sont désastreuses. Et ce n’est pas faute de le croire si l’on se réfère au rapport du centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques du Cameroun (Camercap) précisant qu’en 2019, ce problème a entraîné la disparition de 72 % des structures entrepreneuriales créées entre 2010 et 2015.
Ce qui ramène à penser que ce niveau pourrait être encore plus inquiétant depuis que les organismes prêteurs ont décidé de resserrer encore plus leurs conditions d’octroi en 2019.
Une situation qui, selon les analystes, ne manquerait pas d’impacter négativement sur la croissance économique du pays étant donné que les TPME représentent 99 % du tissu entrepreneurial camerounais et qu’elles sont à la source d’emplois permanents pour 72,26 % de la population active.