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La BCE œuvre pour le maintien de la cadence des crédits accordés aux entreprises et aux ménages. Pour le dire, il suffit de porter un regard sur sa décision à l’issue de sa réunion monétaire qui s’est tenue en avril dernier. Celle qui prévoit l’accélération de son rythme hebdomadaire de rachats de dettes sur le marché obligataire.

Dans zone euro, la tendance est à la baisse en ce qui concerne la croissance des crédits auprès des entreprises commerciales, industrielles et du secteur privé. Une situation qui intervient, alors qu’il s’agit là de l’un des principaux leviers utilisés par les gouvernements pour faire face à la crise et assurer la relance pour la période d’après.

De ce fait, la Banque centrale européenne (BCE) a jugé bon de tout mettre œuvre pour maintenir la cadence à un rythme relativement élevé. Ce qui est évidemment envisageable selon l’institution financière pensant au mécanisme de rachats de crédits appliqué sur le marché obligataire pour sauver la mise.

La sortie progressive des rachats massifs de dette écartée

Voilà un an et des poussières que la discussion est amorcée au sein de la Banque centrale européenne pour la sortie progressive des rachats de dettes en ce qui concerne les OAT (Obligations d’État). Mais à l’issue de sa réunion monétaire qui s’est tenue en avril, tout indique que cette éventualité est, pour l’heure, écartée.

En effet, la décision de la BCE est claire sur le sujet, accélérer le rythme hebdomadaire de ses rachats de crédits sur le marché des obligations d’État dans le but de maintenir en zone négative le taux obligataire. Une stratégie qui, in fine, permettra à l’Europe d’assurer une croissance forte et continue de la masse monétaire qui, à son tour, contribue à la relance de l’économie.

Le ralentissement de la croissance des crédits comme motif principal

Comme susmentionné, le maintien du taux obligataire en zone négative est une stratégie utilisée par la BCE pour soutenir la relance économique qui ne serait pas envisageable dans l’éventualité d’une remontée du rendement des OAT qui selon les experts financiers aura pour conséquence de :

Renchérir le coût du crédit pour les entreprises et ménages et donc de freiner la reprise.

Ainsi, le choix de la BCE d’accélérer son rythme dans les rachats de dette sur le marché obligataire est principalement motivé par le ralentissement de la croissance des crédits constaté dernièrement pour la plupart des États dans la zone euro. Celui constaté en mars dernier pour être plus précis avec :

  • Les emprunts aux entreprises commerciales et industrielles passant de 6,9 % à janvier à 7 % en février pour se retrouver à 5,3 % le mois d’après ;
  • Les prêts au secteur privé passant de 4,5 % en janvier et février à 3,6 % en mars.

Dans le lot, la BCE a fait remarquer que seuls les crédits aux ménages ont progressé de 3,3 % en mars après les 3 % observés les deux mois précédents. Ce qui est largement insuffisant pour garder l’équilibre selon la Banque centrale mentionnant pour conséquence une baisse de la masse monétaire M3, son indicateur avancé d’inflation qui s’est retrouvé à 10,1 % en mars contre 12,2 % le mois d’avant.

Et puisque les OAT jouent un rôle majeur dans ces ralentissements, il serait utile de rappeler qu’en février le taux obligataire de ces obligations d’État ont progressé et sont finalement parvenues à franchir la barre de 0 % après plusieurs mois d’évolution en zone négative pour la plupart des nations européennes y compris la France (0,03 %).