filet de pêche

Depuis le Brexit, la tension ne fait que se renforcer entre la France et le Royaume-Uni. Du moins, en ce qui concerne la zone de pêche des eaux territoriales anglaises désormais à la source de certains malentendus entre les deux pays. Dans ce sens, l’obtention de la licence de pêche mérite une attention particulière pour les marins tricolores.

Depuis 1er janvier 2021, la date de mise en œuvre du Brexit, les relations ont tendance à s’enflammer entre la France et le Royaume-Uni. Simplement parce que depuis ce jour, la délivrance des licences de pêche est entrée sous la responsabilité des autorités britanniques qui semblent se donner le mot pour ne pas en faciliter l’accès aux marins tricolores.

Pour le dire, il suffit de porter un regard sur le nombre limité de navires de pêche normands et bretons qui ont eu la chance d’obtenir ce fameux sésame ouvrant la voie à la zone de pêche des eaux territoriales anglaises. Non pas sans raisons puisque les conditions d’accès ont été renforcées en mettant sur le carreau la majorité des professionnels.

Les conditions d’accès ont été renforcées

Comme susmentionnée, la délivrance des licences de pêche est entre les mains des autorités anglaises depuis le Brexit. Résultat, ces dernières ont décidé d’en renforcer les conditions d’accès pour les navires tricolores incitant Marc Lefèvre, président du Conseil départemental de la Manche à dire que :

Je soupçonne Jersey de vouloir réduire de manière artificielle le nombre de navires français dans ses eaux

Et au CRPN d’ajouter :

Ce sont des mesures techniques restrictives décidées unilatéralement. Elles sont en totale violation des dispositions prévues dans le traité entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Ainsi, la grogne est au rendez-vous auprès des professionnels concernés qui, pour espérer obtenir ce fameux sésame, se doivent désormais d’apporter la preuve qu’ils ont travaillé sur ces eaux territoriales anglaises sur la période de 2012 à 2016.

La grande majorité est exclue de la liste

Il va sans dire que ces nouvelles conditions ont bien fait de bouleverser l’ordre des choses auprès des pêcheurs français. Et l’on pourrait dire que les conséquences sont plutôt désastreuses pour ces derniers qui sont bien nombreux à se retrouver dans l’incapacité de fournir la preuve exigée par les autorités anglaises. Ce, pour la simple raison que seuls les navires équipés de balises de géolocalisation sont en mesure de se la procurer. À savoir, les embarcations de plus de 12 mètres de long selon Étienne Dachicourt notant que :

Les moins de 12 mètres n'ont pas ces balises de géolocalisation.

Étienne Dachicourt

Ainsi, ce DG de la Coopérative maritime étaploise (CME) a tenu à préciser que cette exclusion concerne désormais :

  • Une soixantaine de bateaux de pêche artisanale ;
  • Une vingtaine de bateaux de remplacement.

Concernant ce dernier point, ce responsable a même souligné que la situation est d’autant plus inquiétante pour les acteurs concernés étant donné que dans la majorité des cas, ils ont eu recours à un credit professionnel pour financer leur entrée dans cet univers en rappelant que :

Ces jeunes ont investi 3,5 à 5 millions par bateau. On leur avait redonné confiance pour qu'ils se lancent dans ce métier. Il ne faudrait pas leur couper l'herbe sous le pied.

Ainsi, aux dernières nouvelles, seuls les navires de plus de 12 mètres ont une chance d’obtenir leur licence, sauf que pour l’heure le nombre des bénéficiaires est limité à 41 si une vingtaine d’autres se doivent de prendre leur mal en patience. Plus en encore, le port de Boulogne a fait savoir qu’il compte 500 pêcheurs sur le littoral Nord, alors que seuls 23 d’entre eux ont reçus leur laissez-passer.