
Encourager l’égalité professionnelle, la diversité et la mixité en entreprise ? Telle est l’idée véhiculée par la FFA et les organisations syndicales dans un nouvel accord dévoilé le 12 février. Ce texte a été signé en octobre après de longues négociations, preuve des difficultés à insuffler ces principes forts dans le monde du travail.
Après 36 mois de discussions, la FFA et cinq grandes organisations syndicales (FO, UNSA, CFTC, CFE-CGC et CFDT) ont conclu un accord de branche portant sur l’égalité professionnelle, la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes et l’inclusion des jeunes et des travailleurs en situation de handicap.
Le texte, articulé autour de quatre objectifs clés, a été signé en octobre 2020, mais a été seulement présenté à la presse en février, en présence de la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. La FFA et ses partenaires espèrent qu’à travers cette convention, les entreprises œuvrent plus en faveur de la mixité.
Un accord cadre non contraignant pour les entreprises
L’accord de branche signée par la Fédération française de l’assurance et les cinq grandes confédérations syndicales contiennent plusieurs recommandations autour de :
- la mixité ;
- l’inclusion ;
- l’égalité homme-femme ;
- la lutte contre la discrimination.
Le texte n’est pas pour autant contraignant ni normatif pour le monde de l’assurance professionnelle. Cette spécificité s’explique par la nature même des principes évoqués dans le texte, des questions que seules les entreprises peuvent éluder chacune à leur manière, à condition de se conformer aux lois en vigueur.
Grâce à cette convention cadre, la FFA se dote d’un guide permettant à chaque entreprise de l’assurance d’élaborer une politique RH non discriminatoire, sans perdre en compétitivité.
Le fait de transcrire ces priorités en recommandation, et non en obligations, offre de la latitude aux entreprises pour négocier avec les partenaires sociaux et les salariés une politique de mixité adaptée à leur envergure et leur positionnement métier, entre autres.
Cette flexibilité permet aussi de fixer des objectifs de progression propres pour chaque entreprise et de mesurer ensuite l’évolution tous les deux, trois ou quatre ans sur la base d’indicateurs internes.
Des engagements forts sur le congé paternité et l’emploi des handicapés
Dans le détail, l’accord de branche consacre un volet entier à l’inclusion des personnes en situation de handicap au sein des entreprises d’assurance. Elles représentent 4,3 % des salariés des sociétés d’assurance en 2019, une proportion en légère amélioration par rapport à l’année précédente.
La loi fixe pourtant leur pourcentage à 6 % des employés. La FFA s’engage donc à s’améliorer sur ce point précis, en nommant deux salariés à plein temps au sein de chaque entreprise. Ces travailleurs auront pour seule mission d’aider l’employeur à recruter des personnes en situation de handicap, l’objectif ultime étant de se conformer à l’obligation de 6 %.
L’accord prévoit aussi la mise en place d’un quizz sur les formes de discrimination et les stéréotypes. Tous les salariés de la branche pourront obtenir ce questionnaire et s’en servir pour s’interroger sur leur propre perception de ces sujets sensibles. Le texte met également l’accent sur l’insertion professionnelle des jeunes.
La FFA promet d’augmenter davantage les recrutements en alternance des jeunes, après une année 2020 marquée par une progression significative (+15 %) sur ce point. L’accord encourage par ailleurs les hommes à prendre leur congé de paternité, dont la durée vient d’être allongée à 28 jours. Ceux qui suivent cette recommandation bénéficieront d’un complément de salaire.